Sánchez dénonce la guerre contre l’Iran et évoque un différend « temporaire » avec Washington

29 mars 2026

Rédaction : Africa Eye

Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a réaffirmé le refus de l’Espagne de participer militairement à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, tout en insistant sur la continuité des relations avec Washington malgré les tensions actuelles.

Dans un entretien accordé au Wall Street Journal, Sánchez a qualifié ce conflit de « grave erreur pour le monde, et donc pour les États-Unis », estimant que ses conséquences dépassent largement le cadre du Moyen-Orient pour affecter la stabilité internationale et les intérêts occidentaux.

Le dirigeant espagnol a souligné que les relations entre alliés reposent sur la franchise plutôt que sur un consensus systématique. « Les bons alliés, comme les bons amis, se disent la vérité », a-t-il déclaré, assumant publiquement les divergences avec les États-Unis.

Évoquant la gestion des crises internationales, Sánchez a dénoncé une tendance croissante à des décisions impulsives, opposant à cela une approche espagnole fondée sur l’anticipation et la stabilité dans un contexte mondial marqué par l’incertitude.

Il a également insisté sur le caractère « temporaire » du différend avec l’administration américaine, affirmant que les liens stratégiques et les intérêts communs entre les deux pays demeurent solides.

Sur le plan économique, le chef du gouvernement a évoqué des échanges commerciaux équilibrés et a estimé que d’éventuelles mesures de rétorsion n’altéreraient pas fondamentalement les relations bilatérales. Il a également noté l’augmentation du nombre de citoyens américains installés en Espagne, signe d’une attractivité mutuelle persistante.

Sánchez a par ailleurs réitéré son refus d’autoriser l’utilisation des bases militaires espagnoles dans le cadre des opérations américaines, une décision inscrite dans la volonté de Madrid de ne pas s’impliquer dans le conflit, notamment en raison de ses potentielles répercussions économiques et énergétiques pour l’Europe.

Le dirigeant a également évoqué l’évolution des positions au sein de l’Europe, indiquant que plusieurs pays adoptent une attitude plus prudente face à la guerre, sans pour autant constituer un front commun.

Enfin, il a abordé la nécessité de réguler les plateformes numériques, appelant à une responsabilisation accrue des entreprises technologiques face à la diffusion de désinformation, dans une perspective de renforcement démocratique.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre Madrid et Washington, après que le président américain Donald Trump a évoqué la possibilité de suspendre les relations commerciales avec l’Espagne en réponse à son refus de s’engager dans le conflit.

Malgré cela, Sánchez a insisté sur le fait que ce différend relève d’un désaccord politique ponctuel et ne remet pas en cause la solidité de la relation stratégique entre les deux pays.