Crise du détroit d’Ormuz : l’Union européenne refuse de soutenir l’appel de Trump à une mission de sécurité

Rédaction: Laila Abou Rabie
Les pays de l’Union européenne ont exprimé leur réticence à participer à une opération visant à sécuriser le détroit d’Ormuz, estimant que le conflit opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël ne relève pas directement d’un engagement européen.
Cette position a été discutée lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères des 27 États membres de l’Union européenne, tenue lundi à Bruxelles.
Les discussions portaient notamment sur la demande du président américain Donald Trump invitant les pays européens à contribuer à la sécurisation de ce passage maritime stratégique, par lequel transite environ un cinquième de la production mondiale de pétrole.
Selon plusieurs participants, les ministres ont examiné la possibilité d’élargir le mandat de la mission maritime de l’Union européenne afin d’autoriser l’envoi de navires européens pour des patrouilles dans la zone. Toutefois, aucun consensus n’a émergé en faveur d’un engagement militaire direct.
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a déclaré que l’Europe n’avait « aucun intérêt dans une guerre ouverte », tout en soulignant que les intérêts économiques européens pouvaient être affectés par la situation.
Pressions américaines et débats au sein de l’OTAN
Dans une interview accordée au quotidien Financial Times, Donald Trump a averti que l’absence de soutien européen pourrait avoir des conséquences négatives pour l’avenir de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN).
Le président américain a indiqué être en discussion avec plusieurs pays au sujet de la sécurisation du détroit d’Ormuz, sans préciser lesquels. Il s’est également dit surpris par la décision du Royaume-Uni de ne pas s’impliquer davantage dans un conflit plus large avec l’Iran.
Le chancelier allemand Friedrich Merz a, pour sa part, rappelé que l’OTAN est une alliance défensive et non une alliance destinée à mener des interventions extérieures, estimant que le conflit actuel ne relève pas directement du mandat de l’organisation.
Positions divergentes en Europe
Certains responsables européens ont exprimé des positions encore plus fermes. Le Premier ministre du Luxembourg, Xavier Bettel, a déclaré que son pays n’envisageait pas l’envoi de forces militaires dans ce contexte.
Selon le média Politico, l’hypothèse d’un déploiement d’une mission complète de l’OTAN dans la région reste peu probable à ce stade. Plusieurs diplomates de l’Alliance cités anonymement indiquent qu’un tel déploiement nécessiterait un consensus entre les États membres, difficile à obtenir.
Ils estiment également que des formes de soutien bilatéral entre alliés pourraient être privilégiées, car plus rapides à mettre en place que des opérations conduites sous mandat de l’OTAN.
Les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne devraient se réunir jeudi lors d’un sommet consacré notamment à la situation au Moyen-Orient. Un projet de conclusions indique que les dirigeants européens devraient appeler à la désescalade et à la retenue dans la région.



