À Lagos, des bénévoles en première ligne pour sauver les tortues marines menacées

23 octobre 2025

Rédaction: Widad WAHBI

Sur un petit tronçon du littoral de Lagos, l’écologiste nigérian Chinedu Mugbo consacre bénévolement son temps et ses efforts au sauvetage des tortues marines, fragilisées par la pollution plastique et la pêche illégale le long de la côte atlantique.

Après plusieurs semaines de soins, Mugbo relâche ces tortues dans leur habitat naturel. Cette initiative locale s’inscrit dans un mouvement plus large de protection de la faune marine nigériane, confrontée à une disparition accélérée.

Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), les tortues marines sont des espèces indicatrices essentielles de la santé des océans. Mais la pollution, l’érosion côtière et la pêche non réglementée menacent directement leur survie. Au moins quatre espèces vivent au large du Nigeria, parmi lesquelles la tortue olivâtre et la tortue luth, classées menacées.

Pour Chinedu Mugbo, la solution passe par une sensibilisation accrue des communautés côtières : « Il faut comprendre que sans tortues marines, la pêche elle-même sera compromise. Nous devons apprendre à protéger ces espèces, pour assurer la survie de notre environnement et de nos moyens de subsistance. »

La menace dépasse les frontières du Nigeria. Le Programme des Nations unies pour l’environnement alerte : plus de 11 millions de tonnes de plastiques sont déversées chaque année dans les océans, et ce chiffre pourrait tripler d’ici 2040 sans mesures urgentes.

À Lagos, mégapole de plus de 20 millions d’habitants, l’urbanisation rapide et la gestion déficiente des déchets aggravent la situation. Le littoral est devenu un réceptacle pour les plastiques charriés par les égouts à ciel ouvert et les décharges sauvages.

Les experts préviennent que l’Afrique de l’Ouest fait face à l’un des taux de dégradation côtière les plus rapides au monde. Si la tendance actuelle se poursuit, la quantité de plastique dans les océans pourrait dépasser celle des poissons d’ici 2050.