Un rapport de l’ONU classe quatre pays arabes parmi les principaux foyers mondiaux de la faim

Rédaction : Laila Abou Rabie
L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont lancé une nouvelle alerte sur l’aggravation de l’insécurité alimentaire dans plusieurs régions du monde, où des millions de personnes risquent de basculer vers des niveaux catastrophiques de faim sous l’effet combiné des conflits armés et des crises économiques.
Dans un rapport conjoint, les deux agences onusiennes identifient plusieurs « foyers de faim » particulièrement préoccupants, parmi lesquels figurent quatre pays arabes : la Palestine, le Soudan, le Yémen et la Somalie.
Selon le rapport, la situation est aggravée par la diminution significative des financements destinés à l’aide alimentaire. Les ressources allouées aux opérations humanitaires auraient chuté d’environ 60 % entre 2022 et 2025, créant un déficit jugé critique par les organisations internationales et compromettant les efforts de lutte contre la malnutrition, notamment chez les enfants et les femmes.
Jean-Martin Bauer, directeur de l’analyse de la sécurité alimentaire au Programme alimentaire mondial, a indiqué que des pays tels que le Soudan, le Soudan du Sud, le Yémen, la Palestine, le Nigeria et la Somalie figurent parmi les situations les plus préoccupantes. Selon lui, leurs populations sont confrontées à des niveaux extrêmement élevés d’insécurité alimentaire aiguë, pouvant aller jusqu’à la famine et à la mortalité liée au manque de nourriture.
Le Soudan, épicentre de la crise
Le rapport souligne que le Soudan constitue actuellement la situation la plus alarmante. La faim menace quatorze zones du pays, notamment au Darfour et au Kordofan du Sud, tandis que l’extension des combats laisse présager une persistance de la crise au moins jusqu’au début de l’année 2027.
Les estimations indiquent qu’environ 200 000 personnes pourraient être confrontées à des niveaux catastrophiques d’insécurité alimentaire, dans un contexte marqué par la sécheresse et la détérioration continue de la situation humanitaire.
Gaza toujours sous la menace
Dans la bande de Gaza, le risque de famine demeure élevé malgré l’accord de cessez-le-feu. Le rapport souligne que l’ensemble du territoire reste exposé à une crise alimentaire majeure en raison des restrictions persistantes sur l’acheminement de l’aide humanitaire et de la baisse des approvisionnements alimentaires.
L’enclave palestinienne avait déjà connu une situation de famine l’année dernière, provoquant de nombreuses victimes au sein de la population civile.
Une crise persistante au Yémen
Le Yémen continue quant à lui de faire face à l’une des plus graves crises alimentaires au monde. Des millions de personnes sont menacées par la faim en raison de la hausse des prix des denrées alimentaires, de la dépréciation de la monnaie nationale et de l’insuffisance du financement humanitaire.
Les agences internationales craignent une augmentation du nombre de personnes dépendantes de l’aide alimentaire, notamment dans les zones contrôlées par le gouvernement yéménite.
La Somalie de nouveau en zone d’alerte
La Somalie figure également parmi les principaux foyers mondiaux de la faim. La combinaison des conflits internes, de l’instabilité sécuritaire et des années de sécheresse continue de fragiliser la sécurité alimentaire dans plusieurs régions du pays.
Les organisations internationales avertissent que l’absence de financements supplémentaires et d’un accès humanitaire durable pourrait accélérer la dégradation de la situation et exposer davantage de populations au risque de famine.



