Des députés kényans accusent les troupes britanniques d’abus sexuels et de violations environnementales

4 décembre 2025

Rédaction: Esengo Badi

Une commission parlementaire kényane a accusé les soldats britanniques stationnés dans le pays d’abus sexuels répétés, de pratiques d’entraînement dangereuses et d’atteintes environnementales, estimant que ces comportements donnent aux troupes étrangères l’image d’une « force occupante ».

La commission de la défense et des relations extérieures, qui a rendu son rapport cette semaine, reflète un mécontentement grandissant autour du comportement du British Army Training Unit Kenya (BATUK), qui accueille chaque année plusieurs milliers de militaires britanniques.

Le ministère britannique de la Défense a déclaré « regretter profondément » les problèmes liés à sa présence militaire et s’est dit prêt à enquêter sur toute nouvelle allégation soutenue par des preuves.

L’affaire la plus médiatisée concerne le meurtre en 2012 d’Agnes Wanjiru, 21 ans, près d’un camp d’entraînement britannique à Nanyuki. Le principal suspect, le soldat Robert Purkiss, a été arrêté au Royaume-Uni le mois dernier après des années de mobilisation de la famille Wanjiru et d’activistes kényans. Il nie toute implication et fait désormais face à une procédure d’extradition.

Selon le rapport, les consultations menées auprès des communautés proches des zones d’entraînement ont mis en évidence un « schéma inquiétant » comprenant viols, agressions, enfants abandonnés et accidents du travail. Des civils kényans employés pour déminer des zones contenant des munitions non explosées affirment avoir travaillé sans équipements de sécurité adéquats. Les députés évoquent également des cas de pollution toxique et de dégradations environnementales.

Le BATUK affirme appliquer une politique de tolérance zéro envers l’exploitation sexuelle et assure que ses audits environnementaux démontrent sa conformité avec les lois kényanes.

L’accord de défense actuel entre Nairobi et Londres, signé en 2021, arrive à expiration l’an prochain et devrait ouvrir une phase de renégociation délicate.