La France écarte l’option d’une intervention militaire en Iran

26 janvier 2026

Rédaction : Africa Eye

La France a affirmé dimanche qu’une intervention militaire en Iran ne constituait pas une option privilégiée, malgré les menaces brandies par le président américain Donald Trump à la suite de la répression des manifestations par les autorités iraniennes.

Intervenant dans l’émission Le Grand Jury, diffusée à la radio, à la télévision et dans Le Figaro, la ministre déléguée française chargée des Armées, Alice Rufo, a déclaré que Paris privilégiait le soutien politique et diplomatique au peuple iranien. « Nous devons soutenir le peuple iranien par tous les moyens possibles, notamment en portant sa voix comme nous le faisons aujourd’hui », a-t-elle souligné.

La ministre a également déploré les difficultés à documenter « les crimes de masse commis par le régime contre sa population », en raison du blocage quasi total d’Internet imposé depuis plus de deux semaines. Selon elle, le sort du pays doit rester entre les mains de ses citoyens : « Il appartient au peuple iranien de se libérer de ce régime. Le destin de l’Iran revient aux Iraniennes et aux Iraniens, et non à des puissances étrangères. »

Alice Rufo a rappelé que le mouvement de contestation, initialement motivé par la hausse du coût de la vie et parti des milieux commerçants, s’est rapidement élargi pour devenir une mobilisation politique d’ampleur. « Le peuple iranien rejette son régime, mais une intervention militaire n’est pas notre option privilégiée », a-t-elle insisté.

Les propos de la responsable française interviennent dans un contexte de fortes tensions internationales. Donald Trump a, à plusieurs reprises, évoqué la possibilité de frappes contre l’Iran, en réaction à la répression des manifestations, qui auraient fait des milliers de morts selon des organisations de défense des droits humains. La semaine dernière, le président américain a toutefois semblé infléchir sa position, affirmant que Téhéran avait suspendu des exécutions de manifestants envisagées.

Les protestations, déclenchées fin décembre sur fond de revendications économiques, représentent la contestation la plus grave pour la République islamique depuis sa fondation en 1979. Les autorités iraniennes ont instauré, dès le 8 janvier, un blackout numérique sans précédent, que les ONG estiment destiné à masquer l’ampleur de la répression.

Mercredi, le pouvoir iranien a communiqué un premier bilan officiel faisant état de 3 117 morts, dont la majorité seraient, selon lui, des membres des forces de sécurité ou des civils, et non des manifestants qualifiés de « fauteurs de troubles ». Des chiffres largement contestés par les organisations indépendantes : l’Agence de presse des activistes des droits humains (HRANA), basée aux États-Unis, affirme avoir confirmé la mort de 5 002 personnes, parmi lesquelles 4 714 manifestants, tout en enquêtant sur des milliers d’autres cas. De son côté, l’ONG Iran Human Rights, établie en Norvège, évoque au moins 3 428 manifestants tués et redoute un bilan réel pouvant atteindre 25 000 victimes.