L’écrivain Boualem Sansal déchu de la nationalité algérienne

Rédaction : Africa Eye
L’écrivain et journaliste Boualem Sansal a annoncé, jeudi, qu’il ne détenait désormais plus que la nationalité française, après avoir été officiellement déchu de la nationalité algérienne. Cette évolution intervient quelques semaines après son élection à l’Académie française, une reconnaissance majeure dans le paysage intellectuel francophone.
« En réalité, je suis désormais uniquement français », a-t-il déclaré, tout en précisant que certaines formalités administratives pourraient encore être en cours. Cette annonce survient dans un contexte politique et judiciaire tendu, marqué par l’incarcération qu’il a subie en Algérie pendant près d’un an.
En juillet 2025, Boualem Sansal avait été condamné à cinq ans de prison pour « atteinte à l’unité nationale », à la suite de propos controversés tenus dans une interview accordée au média Frontières, concernant les frontières de l’Algérie à l’époque de la colonisation française. Il a finalement bénéficié d’une grâce présidentielle accordée par le président algérien Abdelmadjid Tebboune en novembre 2025.
Sa libération est intervenue à la suite d’une médiation internationale menée notamment par le président allemand Frank-Walter Steinmeier. Après sa sortie de prison, l’écrivain a été pris en charge médicalement à Berlin, avant de regagner la France.
À son retour, Boualem Sansal a été reçu à l’Élysée par le président français Emmanuel Macron, un geste hautement symbolique qui a ravivé les tensions diplomatiques entre Algérie et la France. La perte de sa nationalité algérienne marque une nouvelle étape dans un parcours personnel devenu, malgré lui, un enjeu politique et mémoriel entre les deux rives de la Méditerranée.



