L’Union européenne en quête d’un nouvel équilibre entre marché unique et souveraineté économique

Rédaction : Aminata Diallo
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a appelé mercredi l’Union européenne à « abattre les barrières » qui freinent son ambition de devenir une véritable puissance économique mondiale, à la veille d’un sommet consacré à la compétitivité du bloc des 27.
S’exprimant devant le Parlement européen, elle a insisté sur l’urgence de faciliter l’accès des entreprises européennes aux capitaux. « Nos entreprises ont un besoin vital de capitaux dès maintenant. Faisons-le cette année », a-t-elle déclaré, soulignant la nécessité de combler l’écart avec les États-Unis et la Chine. Selon elle, le système actuel demeure « excessivement fragmenté », ce qui empêche l’Union de tirer pleinement parti de la force de son marché unique.
La relance économique du bloc est devenue prioritaire dans un contexte de tensions géopolitiques accrues. Les menaces commerciales brandies par le président américain Donald Trump, notamment l’imposition de droits de douane, ont contribué à fragiliser les échanges internationaux. À cela s’ajoutent des initiatives américaines controversées, comme les déclarations sur le Groenland, qui ont ravivé les préoccupations stratégiques européennes.
Avant une réunion avec de grands dirigeants d’entreprises à Anvers, prélude au sommet européen sur l’économie, Ursula von der Leyen a mis en avant plusieurs pistes d’action. La première consiste à avancer collectivement à 27. Toutefois, en cas de blocage, elle n’exclut pas un « renforcement de la coopération » entre États membres volontaires, afin d’accélérer certains projets d’intégration économique.
Parmi les faiblesses identifiées figure la difficulté pour les entreprises européennes de lever des fonds à grande échelle, contrairement à leurs concurrentes américaines. Pour y remédier, la Commission souhaite approfondir l’intégration des marchés financiers et simplifier l’environnement réglementaire, régulièrement critiqué par le secteur privé pour sa complexité.
La présidente de la Commission a également plaidé pour un renforcement de la production industrielle au sein du continent et l’élargissement du réseau de partenaires commerciaux « fiables ». Après les accords conclus avec le Mercosur et l’Inde, Bruxelles envisage de nouveaux partenariats avec l’Australie, la Thaïlande, les Philippines ou encore les Émirats arabes unis.
L’une des propositions les plus débattues porte sur la préférence européenne dans certains secteurs stratégiques. « Dans ces domaines, privilégier les produits européens est un outil nécessaire », a estimé Ursula von der Leyen, tout en mettant en garde contre une approche uniforme. Cette orientation, soutenue notamment par la France, suscite toutefois des réserves dans des pays comme la Suède, qui redoutent un glissement vers le protectionnisme.
Par ailleurs, l’exécutif européen prévoit de présenter en mars un dispositif baptisé « régime 28 », un cadre volontaire destiné à harmoniser certaines règles applicables aux entreprises à l’échelle de l’Union, indépendamment des législations nationales. Bruxelles espère ainsi réduire la fragmentation du marché intérieur, souvent pointée comme l’un des facteurs du manque de dynamisme économique.
En parallèle, la Commission s’engage à simplifier les procédures administratives afin de stimuler l’activité économique. Cette volonté de déréglementation partielle suscite néanmoins des critiques, certains observateurs craignant un affaiblissement des normes, notamment en matière climatique.



