Le Kenya annonce la réouverture de sa frontière terrestre avec la Somalie après 15 ans

Rédaction : Africa Eye
Le président kényan William Ruto a annoncé la réouverture, prévue en avril prochain, de la frontière terrestre entre le Kenya et la Somalie, fermée depuis 2011 à la suite d’attaques attribuées aux combattants shebab. Dans un message publié sur la plateforme X, le chef de l’État a estimé qu’il n’était « pas acceptable que les Kényans restent isolés de leurs proches et voisins en Somalie en raison de la fermeture prolongée du poste-frontière ».
La frontière avait été officiellement fermée en octobre 2011, dans un contexte de recrudescence d’attaques menées sur le sol kényan par les shebab, affiliés à Al-Qaïda. Depuis lors, le principal point de passage, notamment à Mandera, est resté fermé malgré plusieurs tentatives de normalisation. En mai 2023, Nairobi et Mogadiscio avaient convenu d’un plan progressif de réouverture, finalement suspendu après de nouvelles attaques meurtrières visant des civils et des policiers kényans.
Une initiative similaire avait déjà été annoncée en 2022 par l’ancien président kényan Uhuru Kenyatta et son homologue somalien Hassan Sheikh Mohamud, sans toutefois aboutir. La décision actuelle intervient alors que le Kenya maintient un important contingent militaire en Somalie dans le cadre de la mission de l’Union africaine chargée de combattre les shebab.
Au-delà des enjeux sécuritaires, les relations bilatérales restent marquées par un différend maritime. La zone contestée, située dans l’océan Indien, est réputée riche en hydrocarbures. En octobre 2021, la Cour internationale de justice a attribué l’essentiel de cette zone à la Somalie, une décision rejetée par Nairobi.
La réouverture annoncée constitue ainsi un geste symbolique en faveur d’un rapprochement entre les deux pays, mais elle soulève également des interrogations sur la capacité des autorités à prévenir de nouvelles infiltrations et à sécuriser durablement les points de passage.



