Le Tchad défend son bilan sécuritaire face aux accusations de violations des droits humains

Rédaction : Africa Eye ( Avec AFP)
Le gouvernement du Tchad a défendu l’action de ses forces de sécurité face aux critiques formulées par plusieurs organisations de défense des droits humains, affirmant que les affaires présentant un caractère judiciaire sont systématiquement transmises à la justice pour enquête.
Le ministre tchadien de la Justice et des Droits de l’homme, Youssouf Tom, a déclaré lors d’un entretien accordé à Radio France Internationale que la présence de services de renseignement est normale dans tous les États, tout en soulignant la nécessité d’un contrôle approprié de ces institutions.
« L’existence d’appareils de renseignement est naturelle dans chaque pays, mais l’essentiel est d’assurer leur supervision », a-t-il affirmé, précisant que les dossiers relatifs aux violations présumées sont transmis aux autorités judiciaires afin de mener des investigations.
Ces déclarations interviennent en réponse aux critiques présentées devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève par plusieurs organisations, dont la Ligue tchadienne des droits de l’homme et l’Organisation mondiale contre la torture.
Ces ONG ont évoqué plusieurs préoccupations concernant le respect par le Tchad du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, notamment des accusations d’usage excessif de la force, d’impunité et de répression lors des manifestations du 20 octobre 2022, appelées par les militants « Jeudi noir ».
Selon des organisations de défense des droits humains, ces événements auraient donné lieu à près de 200 cas de disparition forcée et environ 600 arrestations, dont plusieurs dizaines de mineurs. Elles évoquent également des allégations de torture et de mauvais traitements.
Le gouvernement tchadien reconnaît pour sa part 73 morts, tandis que l’opposition avance un bilan d’au moins 218 victimes.
Appel à l’objectivité
Face à ces accusations, le ministre Youssouf Tom a appelé à une approche équilibrée et fondée sur les faits. « J’invite tout le monde — société civile, journalistes et autorités — à faire preuve d’équité et à rechercher la vérité », a-t-il déclaré.
Lors d’une session tenue à Genève, la délégation tchadienne a réaffirmé l’engagement du pays en faveur des droits humains malgré les défis sécuritaires auxquels il est confronté.
Les autorités ont cependant qualifié les événements d’octobre 2022 de tentative de rébellion visant les institutions de l’État, affirmant que 15 membres des forces de sécurité avaient également été tués au cours des affrontements.



