Burkina Faso : un rapport d’ONG dénonce de graves exactions, le gouvernement rejette les accusations

Rédaction : Aminata Diallo
Un rapport publié par une organisation de défense des droits humains met en lumière de graves violations commises contre des civils au Burkina Faso, dans un contexte de conflit armé persistant. Les conclusions de cette enquête, menée sur une période de deux ans, ont été relayées par plusieurs médias internationaux.
Selon les données présentées, plus de 1 800 civils auraient été tués entre janvier 2023 et août 2025, dans le cadre de 57 incidents documentés à travers 11 régions du pays. Le rapport attribue ces violences à différents acteurs impliqués dans le conflit, notamment les forces armées burkinabè, des groupes d’autodéfense affiliés, ainsi que des groupes armés liés à des organisations jihadistes.
L’enquête souligne également l’ampleur des déplacements forcés, avec des dizaines de milliers de personnes contraintes de quitter leurs lieux de résidence en raison de l’insécurité.
Les autorités burkinabè ont rejeté les conclusions du rapport, les qualifiant d’inexactes. Le porte-parole du gouvernement a mis en doute la crédibilité de l’organisation à l’origine de l’enquête, estimant que ses analyses ne reflètent pas la réalité du terrain.
Le gouvernement affirme poursuivre ses opérations dans le respect du cadre légal national et de ses engagements internationaux, tout en réaffirmant que la lutte contre les groupes armés constitue une priorité stratégique.
Ces accusations s’inscrivent dans un contexte de dégradation continue de la situation sécuritaire au Burkina Faso depuis 2016, marqué par la multiplication des attaques de groupes armés dans la région du Sahel.
Certaines communautés locales, notamment parmi les populations peules, sont particulièrement exposées aux violences, dans un climat de suspicion et de représailles récurrentes.
Le document, d’une longueur de plus de 300 pages, s’appuie sur des témoignages recueillis auprès de plus de 450 personnes dans plusieurs pays de la région, ainsi que sur des sources ouvertes, incluant des images satellites et des enregistrements audiovisuels.
Selon ses auteurs, les violations documentées pourraient, dans certains cas, relever de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité. Le rapport souligne également les difficultés d’accès à l’information et les obstacles à la documentation indépendante dans un contexte marqué par l’insécurité et les restrictions.



