La RDC accepte d’accueillir des migrants expulsés des États-Unis dans le cadre d’un accord controversé

Rédaction : Laila Abou Rabie
La République démocratique du Congo a annoncé qu’elle commencerait à accueillir, dès ce mois-ci, des ressortissants de pays tiers expulsés des États-Unis, dans le cadre d’un accord conclu avec l’administration du président Donald Trump. Dans un communiqué, le ministère congolais de la Communication a précisé que ces accueils s’inscrivent dans un dispositif « temporaire », présenté comme relevant de la solidarité internationale et du respect de la dignité humaine.
Le gouvernement congolais a indiqué que l’ensemble des coûts liés à ces opérations serait pris en charge par les États-Unis, assurant ainsi que Kinshasa ne supporterait aucune charge financière supplémentaire. Aucun détail n’a toutefois été fourni quant au nombre de personnes concernées par cet accord.
Cette annonce intervient dans un contexte diplomatique plus large, marqué par les efforts de Washington pour faciliter un accord de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, ainsi que par son intérêt stratégique pour l’accès aux ressources minières congolaises, notamment les métaux rares.
La RDC n’est pas le premier pays africain à accepter des migrants expulsés dans le cadre d’accords similaires. Les États-Unis ont déjà transféré des ressortissants étrangers vers plusieurs pays du continent, dont le Ghana, le Cameroun, la Guinée équatoriale et l’Eswatini.
Ces pratiques ont suscité de vives critiques de la part d’experts juridiques et d’organisations de défense des droits humains, qui mettent en cause la base légale de ces transferts ainsi que les conditions d’accueil des personnes envoyées vers des pays dont elles ne sont pas originaires.
En Ouganda, des organisations juridiques ont récemment annoncé leur intention de contester devant les tribunaux l’arrivée prévue de migrants expulsés dans le cadre d’un accord similaire. Des représentants du barreau ont dénoncé une pratique relevant, selon eux, d’une dynamique de « répression transnationale ».
Selon la Commission américaine pour les réfugiés et les migrants, les expulsions vers des pays tiers se sont intensifiées depuis février 2025. L’organisation souligne que les personnes concernées ne disposent généralement d’aucun choix quant à leur destination, ce qui soulève d’importantes préoccupations en matière de droits fondamentaux, en particulier lorsque les conditions de sécurité dans les pays d’accueil ne sont pas garanties.
Un rapport de démocrates au sein de la commission des affaires étrangères du Sénat américain indique que l’administration Trump a dépensé au moins 40 millions de dollars pour expulser environ 300 personnes vers des pays autres que les leurs.
Ces chiffres mettent en lumière l’ampleur du dispositif, tout en alimentant les interrogations sur ses implications juridiques, humanitaires et économiques, ainsi que sur son efficacité à long terme.



