Enquête du Guardian : des Palestiniens détenus dans des conditions extrêmes dans une prison israélienne souterraine

10 novembre 2025

Rédaction : Widad WAHBI

Un rapport d’enquête du quotidien britannique The Guardian a mis au jour l’existence d’un centre de détention secret israélien, situé sous terre, où des dizaines de Palestiniens originaires de Gaza seraient enfermés sans accès à une alimentation suffisante ni possibilité de communiquer avec leurs familles.

Selon le journal, cette prison, administrée par le service pénitentiaire israélien, est installée dans le complexe de Rakevet — un nom hébreu signifiant fleur de cyclamen. Fermé depuis 1985, le site aurait été rouvert après les attaques du 7 octobre 2023, sur ordre du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir.

Un centre de détention souterrain, symbole d’isolement total

À l’origine, la prison de Rakevet avait été conçue dans les années 1980 pour accueillir un petit nombre de prisonniers considérés comme hautement dangereux, avec une capacité maximale de quinze détenus.
Mais d’après l’enquête du Guardian, près d’une centaine de Palestiniens y seraient désormais incarcérés, la plupart venant de la bande de Gaza, dans des conditions qualifiées d’« extrêmement répressives ».

Les cellules, le parloir et la cour d’exercice sont entièrement situés sous terre, privant les détenus de lumière naturelle et d’air frais depuis plusieurs mois.

Des témoignages de tortures et de mauvais traitements

Des avocats de la “Public Committee Against Torture in Israel” (PCATI), qui représentent certains des prisonniers, affirment que les conditions de détention violent le droit international humanitaire et s’apparentent à des actes de torture.

Parmi les détenus figurent, selon ces avocats, un infirmier et un vendeur ambulant, tous deux victimes de violences physiques répétées et de privation de soins médicaux. Certains témoignages font état d’attaques de chiens dressés et de coups de bottes infligés par les gardiens.

Les détenus décrivent aussi un manque total de ventilation, certaines cellules hébergeant jusqu’à quatre personnes sans fenêtres, provoquant étouffement et angoisse permanente.

Des conséquences physiques et psychologiques graves

La docteure Steiner, spécialiste en santé mentale, alerte sur les effets psychologiques dévastateurs d’une détention prolongée dans l’obscurité : « Être privé de lumière du jour pendant des mois peut détruire l’équilibre mental d’un être humain », a-t-elle expliqué.

Sur le plan physique, l’absence de soleil engendre carence en vitamine D, affaiblissement du système immunitaire, troubles du sommeil et détérioration générale de la santé respiratoire.

Un système d’exception au-delà de la guerre

Bien que les opérations militaires soient officiellement terminées, la PCATI affirme que des milliers de Palestiniens restent détenus dans des conditions de guerre, souvent sans procès ni accusation formelle, une pratique qualifiée de détention arbitraire et illégale.

Silence officiel et inquiétudes croissantes

Le service pénitentiaire israélien (IPS) a refusé de répondre aux questions du Guardian concernant le nombre ou l’identité des prisonniers. L’absence de transparence renforce les inquiétudes autour d’un système de détention opaque et abusif.

Enfin, certaines sources du renseignement israélien auraient averti que ces traitements inhumains risquent d’alimenter la haine, d’entretenir le cycle de la violence et de compromettre durablement toute perspective de paix.