Myanmar : l’armée reconnaît une frappe contre un hôpital à Rakhine ayant fait au moins 34 morts

Rédaction : Africa Eye (Avec AP)
L’armée du Myanmar a reconnu, samedi, avoir mené une frappe aérienne contre un hôpital dans l’État de Rakhine (Arakan), à l’ouest du pays, une attaque qui a fait au moins 34 morts, parmi lesquels des patients, des membres du personnel médical et des enfants, selon des responsables locaux et des médias.
Dans un communiqué, le service de communication de l’armée a affirmé que des groupes armés d’opposition, dont l’Armée d’Arakan et les Forces de défense du peuple — un mouvement prodémocratie formé après le coup d’État militaire de 2021 — utilisaient l’hôpital comme base opérationnelle. L’armée a indiqué avoir mené, mercredi dernier, une opération qualifiée de « lutte contre le terrorisme », assurant que les victimes étaient, selon elle, des combattants et leurs partisans, et non des civils.
Ces déclarations sont toutefois contestées par des sources locales. Un haut responsable des services de secours de l’État de Rakhine a indiqué jeudi que 34 personnes, dont des patients et des membres du personnel soignant, ont été tuées et environ 80 autres blessées lorsqu’un avion de combat de l’armée a largué deux bombes sur l’hôpital général de la ville de Mrauk U, contrôlée par l’Armée d’Arakan. Le bâtiment a été entièrement détruit par l’attaque, a-t-il précisé.
Les Nations unies ont déclaré que cette frappe s’inscrivait dans un schéma plus large d’attaques visant des civils et des infrastructures civiles, contribuant à la destruction de communautés entières à travers le pays.
De son côté, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, s’est dit « profondément choqué » par l’attaque contre un établissement fournissant des soins de santé primaires, dans un message publié sur la plateforme X.
Depuis le coup d’État militaire de 2021, qui a mis fin à une décennie de transition démocratique, la junte au pouvoir a intensifié ses frappes aériennes, dans un contexte de guerre civile qui ne cesse de s’aggraver.
Les autorités militaires ont annoncé la tenue d’élections le 28 décembre, les présentant comme une voie de sortie du conflit. Une initiative rejetée par les groupes rebelles, qui ont promis d’empêcher le scrutin dans les territoires sous leur contrôle, alors que les combats se poursuivent pour la reconquête de ces zones.
Depuis le renversement du gouvernement civil en 2021, le Myanmar est plongé dans un conflit armé généralisé, ayant causé la mort et des blessures à des milliers de personnes à travers le pays.



