Mali et Burkina Faso imposent des restrictions d’entrée aux ressortissants américains

1 janvier 2026

Rédaction : Africa Eye

Les autorités du Mali et du Burkina Faso ont annoncé l’imposition de restrictions à l’entrée des ressortissants américains sur leurs territoires, une mesure présentée comme une réponse diplomatique directe à la décision du président américain Donald Trump d’élargir les limitations d’accès aux États-Unis à plusieurs nationalités, dont celles du Mali et du Burkina Faso.

Ces décisions interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre les régimes militaires au pouvoir dans la région du Sahel et Washington. Le ministère burkinabè des Affaires étrangères a indiqué que Ouagadougou appliquerait des « mesures réciproques » à l’encontre des citoyens américains, tandis que le gouvernement malien a précisé que les restrictions entreraient en vigueur « avec effet immédiat », dénonçant une décision américaine prise « sans aucune concertation préalable ».

Le Mali et le Burkina Faso, dirigés par des autorités issues de transitions militaires, coordonnent leurs positions dans le cadre d’un partenariat régional incluant également le Niger. Le 25 décembre, Niamey avait annoncé la suspension immédiate et « permanente » de la délivrance de visas aux citoyens américains, en réaction à la même décision de Washington. Cette dynamique traduit un rapprochement diplomatique entre ces trois pays, qui ont progressivement pris leurs distances avec plusieurs partenaires occidentaux à la suite des coups d’État survenus entre 2020 et 2023.

Ces développements s’inscrivent dans un climat politique et migratoire marqué par un durcissement de la politique américaine depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche au début de l’année. L’administration américaine justifie ces restrictions par des impératifs de « sécurité nationale » et par la volonté d’empêcher l’entrée de personnes susceptibles de représenter une menace ou de porter atteinte aux « institutions et valeurs américaines ».

Les mesures décidées par Washington concernent actuellement les ressortissants de plus de vingt pays, principalement situés en Afrique et au Moyen-Orient, dont l’Afghanistan, la Libye, le Yémen, l’Iran et la Somalie. Pour Bamako et Ouagadougou, la riposte vise avant tout à affirmer leur « souveraineté diplomatique » dans un contexte de relations de plus en plus dégradées avec les États-Unis.