Burkina Faso : les autorités annoncent l’échec d’un complot visant à assassiner le président de la transition

Rédaction : Sekou Kagné
Les autorités du Burkina Faso ont annoncé avoir déjoué une nouvelle tentative visant à renverser le régime en place et à assassiner le chef de la transition, le capitaine Ibrahim Traoré. L’information a été rendue publique jeudi par le ministre burkinabè de la Sécurité, Mahamadou Sana, lors d’une allocution diffusée à la télévision nationale.
Selon le ministre, l’opération, qui devait être menée dans la nuit du 3 janvier, prévoyait une série d’assassinats ciblant des responsables civils et militaires. Le plan aurait notamment inclus l’élimination du président de la transition par une attaque directe ou par la pose d’explosifs à proximité de son domicile. Mahamadou Sana a également évoqué un scénario comprenant le sabotage d’une base de drones, suivi d’une intervention terrestre de forces extérieures. Il a toutefois indiqué que certaines informations ne pouvaient être divulguées afin de préserver le secret de l’enquête.
Le ministre de la Sécurité a désigné l’ancien chef de la junte, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, aujourd’hui en exil au Togo, comme le principal instigateur présumé de cette tentative. Selon les autorités, Damiba aurait assuré la planification, le financement et le recrutement de participants civils et militaires.
Toujours d’après Mahamadou Sana, une partie importante du financement aurait transité par la Côte d’Ivoire, la dernière tranche évoquée s’élevant à environ 70 millions de francs CFA, soit près de 106 000 euros. La télévision publique a diffusé des déclarations d’un homme présenté comme un acteur clé du dossier, affirmant s’être rendu en Côte d’Ivoire pour récupérer les fonds à la demande de Damiba.
Ibrahim Traoré est arrivé au pouvoir en septembre 2022 après avoir renversé Paul-Henri Sandaogo Damiba, lui-même auteur d’un coup d’État contre le président élu Roch Marc Christian Kaboré plus tôt la même année. Depuis, les autorités burkinabè ont à plusieurs reprises annoncé avoir contrecarré des tentatives de déstabilisation, la dernière en date remontant à avril 2025, avec l’arrestation de plusieurs officiers soupçonnés d’implication.
Les relations entre Ouagadougou et Abidjan se sont tendues depuis l’arrivée de Traoré au pouvoir. Les autorités burkinabè accusent régulièrement la Côte d’Ivoire d’abriter des réseaux cherchant à déstabiliser le pays. Des accusations systématiquement rejetées par le gouvernement ivoirien, dont le porte-parole, Amadou Coulibaly, avait déclaré en octobre dernier attendre des preuves étayant ces allégations.



