La CEDEAO appelle à une transition civile rapide en Guinée-Bissau

12 janvier 2026

Rédaction : Tendai Zola

Le président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et chef de l’État sierra-léonais, Julius Maada Bio, a appelé à une transition civile rapide en Guinée-Bissau, dirigée par une gouvernement inclusif, à l’issue de discussions avec les autorités militaires ayant pris le pouvoir en novembre dernier.

Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Maada Bio a qualifié les échanges de constructifs, tout en soulignant la nécessité que la future autorité de transition reflète l’ensemble des sensibilités politiques et sociales du pays.

Le président sierra-léonais a conduit, durant le week-end, une délégation de haut niveau à Bissau, comprenant notamment le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye et le président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray. La délégation a rencontré les dirigeants militaires ayant mis en place une transition d’un an dirigée par le général Horta Ntam, ancien chef d’état-major du président renversé Umaro Sissoco Embaló.

Maada Bio a rappelé la position arrêtée lors du 68ᵉ sommet de la CEDEAO à Abuja, qui a rejeté le calendrier de transition annoncé par la junte après le coup d’État du 26 novembre 2025. L’organisation régionale a exigé la libération immédiate des détenus politiques et l’instauration d’une courte période de transition dirigée par des civils représentatifs de la diversité politique et sociale du pays, tout en avertissant qu’elle pourrait imposer des sanctions ciblées à toute partie entravant le retour à l’ordre constitutionnel.

Selon le quotidien local O Democrata, les discussions ont principalement porté sur la formation d’un gouvernement civil inclusif pour une durée de quatre mois ainsi que sur la libération du chef de l’opposition Domingos Simões Pereira. La délégation régionale a également rencontré plusieurs responsables politiques, dont le candidat indépendant Fernando Dias da Costa, qui avaient trouvé refuge à l’ambassade du Nigeria à la suite du coup d’État.

Le général Horta Ntam s’est proclamé président de la transition à la suite du renversement du pouvoir survenu à la veille de l’annonce des résultats provisoires des élections présidentielle et législatives du 23 novembre 2025. Ce coup de force a été largement condamné par la CEDEAO, les Nations unies, l’Union européenne, l’Union africaine et la Communauté des pays de langue portugaise, qui ont toutes appelé à un retour immédiat à l’ordre constitutionnel.