États-Unis–Mali : Washington tente de rétablir la confiance avec les autorités de transition

Rédaction : Aminata Diallo
Les États-Unis ont entamé une démarche de rapprochement avec les autorités de transition au Mali, marquée par la visite à Bamako de Nick Chicker, directeur du Bureau des affaires africaines au Département d’État américain. Cette visite, présentée comme une tentative d’insuffler une nouvelle dynamique aux relations bilatérales, a donné lieu à un entretien avec le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, ainsi qu’à des échanges prévus avec le président de la transition, le général Assimi Goïta.
Dans un message publié sur le réseau X, l’ambassade des États-Unis à Bamako a affirmé le respect de la souveraineté du Mali et la volonté de Washington de reconstruire un climat de confiance avec les autorités en place. Selon une source diplomatique américaine citée par l’AFP, les discussions portent notamment sur l’expansion des groupes armés dans la région du Sahel, dont l’influence s’étend vers l’ouest et le sud, en direction des pays riverains du golfe de Guinée.
Cette relance du dialogue intervient dans un contexte de relations dégradées depuis les changements de pouvoir survenus entre 2020 et 2023. Durant cette période, Bamako a renforcé ses liens sécuritaires avec la Russie, notamment par le recours à l’ex-groupe Wagner, aujourd’hui réorganisé sous l’appellation de « corps africain ». Des responsables maliens indiquent que Washington conditionne une reprise complète de la coopération à un retour à l’ordre constitutionnel et à la fin de cette collaboration sécuritaire.
Parallèlement, les autorités américaines ont précisé que Nick Chicker poursuivrait des consultations régionales, notamment au Burkina Faso et au Niger, sur les volets sécuritaire et économique. Après avoir suspendu une large part de son aide et de sa coopération militaire à la suite des coups d’État, Washington cherche désormais à redéfinir son approche en Afrique de l’Ouest, en misant sur une diplomatie à forte composante économique pour contrebalancer l’influence russe croissante.



