La Tanzanie et l’Ouganda prêts à exporter leur pétrole brut dès juillet

8 février 2026

Rédaction : Sekou Kagné

La Tanzanie et l’Ouganda ont annoncé leur préparation au lancement des exportations de pétrole brut vers les marchés internationaux à partir de juillet prochain. Les dirigeants des deux pays estiment que cette étape constituera un levier majeur pour accélérer des projets d’énergie, de transport et d’infrastructures, renforçant ainsi la coopération économique bilatérale.

Lors d’une conférence de presse tenue à Dar es-Salaam à l’issue d’entretiens avec son homologue ougandais Yoweri Museveni, la présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan a indiqué que la première cargaison de pétrole brut devrait prochainement quitter Hoima, dans l’ouest de l’Ouganda, pour être acheminée par l’oléoduc d’Afrique de l’Est jusqu’au port de Tanga, en Tanzanie.

La cheffe de l’État a souligné que ce démarrage marque l’entrée en phase opérationnelle de l’un des plus importants investissements transfrontaliers de la région. Elle a précisé que l’exportation de pétrole s’inscrit dans un cadre de coopération plus large, incluant notamment un projet de gazoduc reliant la Tanzanie à l’Ouganda et une autre infrastructure destinée au transport de produits pétroliers raffinés vers le port de Tanga. Les discussions ont également porté sur le renforcement de la coopération portuaire, avec un rôle central attribué aux ports de Dar es-Salaam, Tanga et Mtwara pour soutenir le commerce régional.

Sur le volet des transports, la Tanzanie a proposé un projet de liaison ferroviaire entre le port de Tanga et la ville ougandaise de Musoma, permettant l’acheminement des marchandises via le lac Victoria. Les deux parties ont aussi évoqué l’achèvement de la ligne de chemin de fer à écartement standard entre Isaka et Rusumo, ainsi que son éventuelle extension jusqu’à Moroto, en territoire ougandais, afin de renforcer l’intégration régionale.

Les échanges ont par ailleurs couvert des dossiers diplomatiques. Samia Suluhu Hassan a remercié l’Ouganda pour sa décision de se retirer de la course au siège non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies réservé à l’Afrique de l’Est, ouvrant la voie à une candidature tanzanienne. En retour, elle a affirmé le soutien de son pays aux ambitions de l’Ouganda d’accéder à un poste de responsabilité au sein de l’Union africaine.

Les questions sécuritaires ont également occupé une place importante, notamment la situation dans la région des Grands Lacs. La présidente tanzanienne a réitéré la disponibilité de son pays à appuyer les efforts de médiation menés par Yoweri Museveni, qui préside actuellement un mécanisme régional, en vue de relancer un dialogue destiné à restaurer la stabilité.

De son côté, le président ougandais a insisté sur le fait que l’intégration régionale n’est plus un simple choix politique, mais une nécessité économique et sécuritaire. Il a averti que l’isolement des États africains accroît leur vulnérabilité, rappelant l’expérience de la Déclaration de Kampala de 1965, qui avait posé les bases d’une coordination industrielle en Afrique de l’Est, et appelant à s’inspirer de tels modèles pour favoriser un développement partagé.