Opposition algérienne : l’annulation de l’accord aérien avec les Émirats accentue l’isolement d’Alger

9 février 2026

Rédaction : Aya Selene

Des figures de l’opposition algérienne ont vivement critiqué la décision des autorités d’Algérie d’annuler l’accord relatif aux services aériens avec les Émirats arabes unis, estimant qu’il s’agit d’une mesure précipitée et contre-productive. Selon ces voix critiques, la décision pénalise en priorité la communauté algérienne établie aux Émirats et nuit à l’image internationale du pays, révélant un manque de vision stratégique en matière de politique étrangère.

L’Agence de presse algérienne a indiqué que l’Algérie avait engagé les procédures d’annulation de l’accord sur les services aériens signé à Abou Dhabi le 13 mai 2013 et ratifié par décret présidentiel en décembre 2014. Conformément aux dispositions de l’accord, la partie émiratie doit être notifiée par les canaux diplomatiques, tout comme le secrétaire général de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).

Pour Me Sofiane Chouiter, avocat et chercheur algérien en droit international, cette décision s’inscrit dans une série de choix qu’il juge incohérents depuis l’arrivée au pouvoir du président Abdelmadjid Tebboune. Il affirme que les premiers impactés sont les ressortissants algériens aux Émirats, tandis que la crédibilité diplomatique de l’Algérie s’en trouve affaiblie, donnant l’image d’un partenaire imprévisible.

Selon lui, les justifications avancées — qu’elles tiennent au soutien d’Abou Dhabi à la position marocaine sur le Sahara ou à la normalisation avec Israël — ne résistent pas à l’analyse, d’autres pays arabes adoptant des positions similaires sans faire l’objet de mesures comparables. Il y voit une politique de réaction plutôt qu’une approche fondée sur des intérêts clairement définis.

De son côté, l’opposant politique Chawki Ben Zahra estime que l’annulation de l’accord aérien s’inscrit dans une dynamique de tensions persistantes entre Alger et Abou Dhabi ces dernières années. À ses yeux, la mesure traduit une logique « punitive » qui affecte surtout la mobilité des personnes et l’attractivité internationale de l’Algérie, sans bénéfice stratégique tangible.

Les critiques convergent pour dénoncer une diplomatie jugée conflictuelle et improvisée, accusée d’isoler progressivement l’Algérie au sein de son environnement régional. Pour l’opposition, la multiplication de décisions de ce type risque d’accentuer la marginalisation du pays et de transformer un acteur régional potentiel en source de tensions durables.