Niger : le général Tiani renouvelle ses accusations contre la France après l’attaque de l’aéroport de Niamey

15 février 2026

Rédaction: Tendai Zola

Le général Abdourahamane Tiani, à la tête des autorités nigériennes, a de nouveau accusé la France d’être impliquée dans l’attaque ayant visé l’aéroport international de Niamey le 29 janvier dernier, bien que l’organisation dite État islamique au Grand Sahara en ait revendiqué la responsabilité dès le lendemain.

Dans une interview diffusée par la télévision publique, le chef de l’État nigérien a affirmé que cette opération s’inscrivait dans une « agenda malveillant de déstabilisation ». Selon lui, son arrivée au pouvoir en juillet 2023 a marqué le début d’un « conflit ouvert » avec le président français Emmanuel Macron.

Depuis le changement de régime intervenu en 2023, les autorités nigériennes ont adopté un discours souverainiste accusant Paris de soutenir des groupes armés actifs dans le pays depuis plus d’une décennie. Des accusations systématiquement rejetées par la France, qui rappelle avoir été engagée dans la lutte contre les groupes jihadistes au Sahel avant le retrait de ses forces du Niger, ainsi que du Mali et du Burkina Faso.

Accusations régionales et soutien russe

Après l’attaque contre l’aéroport, le général Tiani a également mis en cause la Côte d’Ivoire et le Bénin, considérés comme des alliés régionaux de Paris, les accusant d’appuyer des groupes armés. Ces trois pays ont fermement démenti.

Il a précisé que l’objectif des assaillants aurait été de détruire les capacités aériennes de l’armée nigérienne, tout en assurant que l’opération avait échoué. Selon lui, des forces russes auraient contribué à repousser l’attaque. Il a également évoqué la préparation supposée de sept autres offensives simultanées dans la région de Tillabéri, à l’ouest du pays, tout en reconnaissant une « faille » dans la sécurisation de l’aéroport.

De son côté, le porte-parole de l’armée française, le colonel Guillaume Vernet, a qualifié ces déclarations de « guerre informationnelle », niant toute intention d’ingérence militaire au Niger.

Le dossier sensible de l’uranium

Les tensions entre Niamey et Paris dépassent la question sécuritaire et s’étendent au domaine stratégique des ressources naturelles. Les autorités nigériennes ont récemment nationalisé la société Somaïr, filiale du groupe français Orano, spécialisée dans l’exploitation de l’uranium. Cette décision a conduit l’entreprise à engager des procédures judiciaires.

Dans son intervention télévisée, le général Tiani a déclaré être disposé à remettre à la France la part d’uranium produite avant son arrivée au pouvoir, mais a affirmé que toute production postérieure appartient exclusivement au Niger. Environ un millier de tonnes de « yellowcake » — concentré d’uranium — seraient actuellement stockées à l’aéroport de Niamey, dans l’attente d’une décision sur leur devenir.