Le Ghana réclame à l’Ukraine la libération de deux ressortissants capturés en combattant aux côtés de la Russie

Rédaction : Tendai Zola
Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a officiellement sollicité auprès du président ukrainien Volodymyr Zelensky la libération de deux citoyens ghanéens détenus en Ukraine, après avoir été capturés alors qu’ils combattaient dans les rangs de l’armée russe.
Lors d’une conférence de presse conjointe à Kiev avec son homologue ukrainien Andrii Sybiha, le chef de la diplomatie ghanéenne a réaffirmé la solidarité de son pays avec l’Ukraine et appelé à un cessez-le-feu, à l’heure où la guerre entre dans sa quatrième année. Il a estimé que de nombreux Africains engagés aux côtés de la Russie sont « victimes de tromperies », recrutés en ligne sous couvert de promesses d’emplois civils avant d’être envoyés sur le front.
M. Ablakwa a également annoncé que le Ghana, lors de sa prochaine présidence de l’Union africaine, lancera des campagnes de sensibilisation visant à lutter contre les réseaux de recrutement et de traite exploitant des jeunes Africains pour les enrôler dans le conflit. La question de la libération des deux ressortissants ghanéens figurera, selon lui, parmi les priorités diplomatiques de son pays dans ses échanges avec les autorités ukrainiennes.
Accusations ukrainiennes et démenti russe
De son côté, le ministre ukrainien des Affaires étrangères a indiqué que Kiev aurait identifié plus de 1 780 combattants issus de 36 pays africains dans les rangs de l’armée russe. Selon lui, Moscou chercherait à attirer des citoyens africains dans une guerre « meurtrière » à travers des procédés jugés trompeurs. L’Ukraine affirme mener des consultations avec plusieurs gouvernements africains afin d’empêcher leurs ressortissants de tomber dans ces réseaux.
Les autorités russes ont pour leur part rejeté les accusations de recrutement illégal. Toutefois, des rapports récurrents font état de jeunes Africains attirés par des offres d’emploi à l’étranger et se retrouvant ensuite impliqués dans les combats, une situation qui alimente les tensions diplomatiques entre Moscou et certains États africains.
Un enjeu continental
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large marqué par l’internationalisation progressive du conflit ukrainien, à travers le recours à des combattants étrangers. La démarche du Ghana illustre la volonté de plusieurs pays africains de protéger leurs citoyens contre l’exploitation et l’enrôlement dans des conflits extérieurs, tout en cherchant à renforcer le rôle de l’Union africaine face à ces pratiques transnationales.



