Sommet tripartite à Conakry : la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone privilégient la voie diplomatique pour leurs différends frontaliers

Rédaction: Aminata Diallo
Les dirigeants de la Guinée, du Liberia et de la Sierra Leone se sont engagés à résoudre leurs différends frontaliers par le dialogue et les mécanismes diplomatiques, à l’issue d’un sommet tripartite organisé lundi à Conakry.
La rencontre a réuni le président guinéen Mamadi Doumbouya, son homologue libérien Joseph Boakai et le président sierra-léonais Julius Maada Bio. La Côte d’Ivoire a participé aux discussions en tant qu’« État témoin ».
À l’issue de la réunion, les trois chefs d’État ont réaffirmé leur engagement à préserver la paix et la stabilité dans la région du fleuve Mano et à éviter toute escalade des tensions. Ils ont également annoncé la mise en place de commissions techniques conjointes chargées de travailler sur la délimitation et la gestion des frontières communes.
Incidents frontaliers récents
La tenue de ce sommet intervient après plusieurs incidents signalés dans les zones frontalières entre ces pays.
Le 23 février, des affrontements ont été rapportés entre les forces armées de la Guinée et de la Sierra Leone le long de leur frontière commune. Les deux parties se sont mutuellement accusées d’avoir franchi la ligne frontalière.
Le 11 mars, des tirs de sommation ont également été entendus à proximité de la frontière entre la Guinée et le Liberia, à la suite d’accusations réciproques concernant l’emplacement d’un site minier situé près de la rivière Makona River.
Face à ces tensions, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a exprimé sa préoccupation et annoncé l’envoi d’une mission d’évaluation technique destinée à encourager les parties à privilégier le dialogue.
Origine des différends
Selon plusieurs analyses, ces tensions trouvent leur origine dans les frontières tracées à l’époque coloniale par les puissances françaises et britanniques à la fin du XIXᵉ siècle, puis formalisées en 1964.
Le chercheur Faya Moise Sandouno indique que la délimitation concrète de certaines portions de ces frontières demeure parfois imprécise sur le terrain.
La localité de Yenga, située dans la préfecture de Guéckédou, est régulièrement citée comme une zone sensible. La région est également connue pour la présence de ressources naturelles, notamment de l’or et des diamants.
Perspectives
Les engagements pris lors de la réunion de Conakry s’inscrivent dans le cadre des mécanismes régionaux de coopération au sein de la région du fleuve Mano.
Les discussions devraient se poursuivre à travers les commissions techniques annoncées par les trois pays afin d’examiner les questions liées à la délimitation des frontières et à la gestion des zones concernées.



