Frappes près de Bouchehr : l’Iran alerte sur un risque nucléaire majeur

Rédaction : Africa Eye
L’Iran a lancé un nouvel avertissement après qu’un projectile a frappé les abords de la centrale nucléaire de Bouchehr, sans faire de dégâts, selon l’Organisation iranienne de l’énergie atomique. Cet incident s’inscrit dans un contexte d’escalade militaire, marquant le 28ᵉ jour du conflit opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël.
Les autorités iraniennes ont souligné que toute atteinte à la centrale de Bouchehr pourrait entraîner un accident nucléaire majeur, compte tenu de la présence de matières radioactives en grande quantité sur le site. Elles ont mis en garde contre les conséquences régionales d’un tel scénario, estimant que la sécurité de toute la zone serait menacée.
De son côté, l’Agence internationale de l’énergie atomique a confirmé avoir été informée par Téhéran d’une nouvelle frappe à proximité de Bouchehr, la troisième en l’espace de dix jours, ce qui alimente les inquiétudes autour de la sécurité des installations nucléaires.
Ces événements s’inscrivent dans une série d’attaques visant des infrastructures sensibles en Iran. Parmi les sites touchés figure notamment un complexe d’eau lourde à Arak, également connu sous le nom de Khondab, ainsi que d’autres installations industrielles liées au secteur nucléaire et à la production de matériaux stratégiques. L’AIEA a toutefois indiqué qu’aucune fuite radioactive n’avait été détectée à la suite de ces frappes.
Selon des déclarations officielles, des installations supplémentaires auraient été visées, notamment un site de production d’acier utilisant des matériaux radioactifs, ainsi qu’une unité de traitement de concentrés d’uranium dans le centre du pays. L’armée israélienne a confirmé avoir ciblé des infrastructures associées au programme nucléaire iranien, affirmant vouloir empêcher toute avancée vers des capacités militaires.
En réaction, les autorités iraniennes ont durci leur ton. Le Corps des gardiens de la révolution islamique a appelé les travailleurs présents sur des sites liés aux intérêts américains dans la région à les évacuer, tout en exhortant les civils à éviter les zones de déploiement militaire. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a dénoncé des frappes qu’il juge incompatibles avec les initiatives diplomatiques en cours, promettant que leurs auteurs en paieront le prix.
Cette nouvelle phase de frappes intervient alors que plusieurs tentatives de médiation ont été lancées ces derniers jours. Le président américain Donald Trump avait accordé successivement plusieurs délais à l’Iran pour parvenir à un accord, sans aboutir à une désescalade durable.
Alors que les États-Unis et Israël accusent Téhéran de chercher à se doter de l’arme nucléaire, l’Iran maintient que son programme est exclusivement civil. Dans ce climat de tensions extrêmes, la répétition des frappes à proximité d’installations nucléaires renforce les craintes d’un dérapage aux conséquences potentiellement catastrophiques pour toute la région.



