Iran : un mois de coupure d’Internet accentue l’isolement de la population

Rédaction: Africa Eye (Avec AFP)
La coupure d’Internet en Iran est entrée dans son trentième jour consécutif dimanche, renforçant l’isolement de millions de personnes et limitant fortement leur accès à l’information et aux communications depuis le début du conflit avec les États-Unis et Israël.
Selon l’organisme de surveillance NetBlocks, les restrictions imposées à l’échelle nationale se poursuivent depuis plusieurs semaines, totalisant près de 700 heures de perturbations. Si le réseau interne reste opérationnel pour certaines applications locales, services bancaires et plateformes nationales, l’accès à Internet mondial demeure sévèrement restreint.
Dans ce contexte, de nombreux Iraniens n’ont d’autre choix que de se tourner vers des outils contrôlés par l’État ou vers des solutions alternatives coûteuses pour communiquer avec leurs proches.
Une responsable marketing de 37 ans explique que vivre sans Internet est particulièrement difficile, notamment en raison de l’impossibilité d’accéder à des sources d’information étrangères. Elle souligne que, lorsque les chaînes internationales sont également perturbées, la télévision publique devient la seule source d’information disponible, accentuant le sentiment d’isolement et la pression psychologique.
Les communications reposent souvent sur des appels téléphoniques ou sur des échanges limités avec la famille et les amis. Certains utilisateurs parviennent ponctuellement à contourner les restrictions grâce à des réseaux privés virtuels (VPN), mais ces connexions restent instables et de courte durée.
Une employée du secteur privé, âgée de 33 ans, indique que les premières semaines ont été particulièrement éprouvantes, faute de moyens pour joindre ses proches vivant dans d’autres villes. Elle précise qu’elle utilise désormais une application locale permettant des appels vidéo, bien que les conditions restent loin d’être optimales.
Pour les personnes ayant de la famille à l’étranger, les difficultés sont encore plus marquées. Un commerçant de 27 ans affirme qu’il ne peut communiquer avec ses proches en Turquie que par téléphone, ce qui entraîne des coûts élevés et limite la fréquence des échanges.
Au-delà des communications, ces restrictions réduisent considérablement l’accès à une information diversifiée. Les utilisateurs sont principalement exposés à des contenus issus de plateformes et de médias nationaux, offrant une vision partielle de la situation.
L’Iran a déjà eu recours à des coupures d’Internet lors de périodes de troubles, notamment lors des manifestations de janvier dernier et durant un précédent conflit avec Israël. Après ces événements, le service avait été partiellement rétabli, tout en restant soumis à un contrôle strict, avant d’être de nouveau interrompu avec le déclenchement de la guerre actuelle fin février.
Certains citoyens ont réussi à mettre en place des solutions alternatives, mais la connectivité demeure globalement instable et peu fiable, selon plusieurs témoignages.



