La Chine, acteur clé en coulisses de la trêve entre Washington et Téhéran

10 avril 2026

Rédaction: Aya Selene

Si le Pakistan a été largement salué pour sa médiation dans l’accord de cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, plusieurs sources diplomatiques et experts soulignent le rôle déterminant joué en arrière-plan par la Chine.

Selon des responsables proches des négociations, l’intervention chinoise est intervenue à un moment critique, alors que les perspectives d’accord semblaient compromises. Pékin aurait contribué à convaincre Téhéran d’accepter un cessez-le-feu initial, quelques heures seulement avant son annonce officielle.

Le président américain Donald Trump a lui-même reconnu ce rôle, affirmant que la Chine avait joué un rôle central en incitant l’Iran à s’engager dans des discussions.

Le Pakistan, qui entretient des relations historiques avec l’Iran et des liens étroits avec Washington, s’apprête à accueillir des négociations entre les deux parties. Un dispositif d’experts a été mis en place pour accompagner les discussions sur des dossiers sensibles tels que le nucléaire et la sécurité maritime.

La Chine, garante potentielle

Selon des sources diplomatiques, Téhéran souhaite que la Chine joue un rôle de garant dans tout accord futur, estimant Pékin mieux placé pour assurer ce rôle que d’autres puissances comme la Russie, dont l’acceptation par les pays occidentaux reste incertaine.

La Chine entretient des relations étroites avec l’Iran et le Pakistan. Elle est notamment le principal partenaire commercial de Téhéran, malgré les sanctions occidentales, et un investisseur majeur dans les infrastructures pakistanaises.

Des responsables pakistanais soulignent la coordination étroite entre Islamabad et Pékin depuis le début du conflit, estimant que l’implication chinoise sera essentielle à la conclusion d’un accord de paix durable, notamment en raison du manque de confiance iranien envers les États-Unis et Israël.

Une influence discrète mais déterminante

Parallèlement, la Chine a soutenu les efforts diplomatiques au niveau international, notamment en utilisant son droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU aux côtés de la Russie, contre un projet de résolution lié à la réouverture du détroit d’Ormuz.

Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a multiplié les contacts diplomatiques, menant des dizaines d’échanges avec ses homologues et envoyant des émissaires dans la région.

Toutefois, Pékin a choisi de ne pas s’exposer publiquement comme chef de file des efforts de médiation, privilégiant une approche discrète. Certains observateurs estiment que la Chine cherche à éviter une implication directe trop visible dans le conflit.

Les négociations restent néanmoins complexes, notamment en raison de désaccords persistants, en particulier autour de la question libanaise, que certaines parties souhaitent intégrer dans l’accord de cessez-le-feu.

Dans ce contexte, des discussions parallèles sont prévues entre responsables israéliens et libanais à Washington, tandis que les médiateurs poursuivent leurs efforts pour rapprocher les positions.

Selon des sources diplomatiques, la réussite d’un accord durable dépendra de la capacité de toutes les parties à accepter des compromis difficiles dans un environnement géopolitique particulièrement sensible.