CAN 2025 : la justice marocaine renforce la lutte contre le hooliganisme en Afrique

Rédaction: Africa Eye
La confirmation en appel des peines de prison prononcées contre 18 supporters sénégalais, impliqués dans les incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 entre le Maroc et le Sénégal, est perçue par plusieurs experts comme un tournant dans la lutte contre les violences dans les stades africains.
La Cour d’appel de Rabat a validé, dans la nuit de lundi à mardi, les jugements rendus en première instance à l’encontre des individus poursuivis pour des actes de violence et de dégradation survenus en marge de cette rencontre sportive majeure.
Pour de nombreux observateurs, cette décision judiciaire s’inscrit dans une volonté claire de renforcer l’ordre et la sécurité lors des compétitions sportives. Le critique sportif Abdelaziz Belghiti estime que ce verdict constitue une réponse ferme face à des comportements qu’il qualifie de violents et destructeurs, ayant visé aussi bien les forces de l’ordre que les infrastructures du stade.
Selon lui, la décision repose sur des éléments probants, notamment des images de vidéosurveillance et des témoignages, tout en saluant le dispositif organisationnel mis en place par le Maroc, qui a permis une gestion rapide et structurée de l’affaire.
Une gestion sécuritaire mise en avant
L’affaire met en lumière, selon certains analystes, un modèle de gestion sécuritaire et judiciaire qui pourrait inspirer d’autres pays africains. Les dispositifs adoptés, incluant des mécanismes de suivi judiciaire rapide, sont présentés comme une avancée notable dans le traitement des violences liées au sport.
Certains experts évoquent également une évolution dans la gestion des incidents lors des compétitions africaines, marquant un passage vers une approche plus rigoureuse, comparable à celles appliquées dans d’autres régions du monde.
Une réponse judiciaire dissuasive
De son côté, l’expert sportif Mohamed Achiban considère que l’arrestation et la condamnation de supporters étrangers pour des faits de hooliganisme constituent une première dans l’histoire récente de la Coupe d’Afrique des nations.
Il souligne que cette décision envoie un signal fort en faveur d’une politique de tolérance zéro face aux débordements dans les stades, dans un contexte où ces phénomènes, autrefois plus fréquents en Europe, commencent à apparaître sur le continent africain.
Selon lui, la fermeté de la justice marocaine contribue à renforcer la crédibilité des compétitions africaines et à garantir un environnement sécurisé pour les spectateurs, les joueurs et les organisateurs.
Une responsabilité partagée
Dans ce contexte, le rôle des instances sportives reste limité aux aspects strictement liés au jeu. Le président de la Confédération africaine de football (CAF) a rappelé que les questions liées à la sécurité et aux supporters relèvent principalement de la souveraineté des États.
L’affaire met ainsi en évidence la nécessité d’une coordination étroite entre autorités judiciaires, dispositifs sécuritaires et organisations sportives pour prévenir les violences et préserver l’intégrité des grandes compétitions.



