Une document révèle une évolution de la politique européenne vers un rapprochement avec la Syrie

17 avril 2026

Rédaction : Aya Selene

Un document consulté par Reuters indique que l’Union européenne envisage de renforcer ses relations avec la Syrie, marquant un tournant dans sa politique après plusieurs années de gel diplomatique.

Selon ce texte, préparé par les services diplomatiques européens et récemment transmis aux États membres, l’Union prévoit de réactiver les contacts politiques officiels et de poser les bases d’une coopération économique et sécuritaire plus étroite. Le document mentionne notamment la reprise complète de l’accord de coopération signé en 1978 entre les deux parties.

Dans cette perspective, un dialogue politique de haut niveau devrait être lancé le 11 mai avec les autorités syriennes de transition, dans le cadre d’échanges structurés et officiels.

Par ailleurs, l’Union européenne prévoit d’« ajuster et redéfinir » son régime de sanctions, afin de maintenir des leviers de pression tout en poursuivant l’engagement avec les autorités syriennes. Ces mesures viseraient en particulier les acteurs susceptibles de perturber le processus de transition.

Partenariat économique et migration

Le document détaille également des projets visant à renforcer la coopération économique, notamment par la mise en place d’un cadre pour le commerce et l’investissement, le soutien au financement du secteur privé et la création d’un centre d’assistance technique destiné à améliorer l’environnement des affaires en Syrie.

La question migratoire occupe une place centrale dans cette stratégie. L’Union européenne entend collaborer avec les autorités syriennes pour faciliter le retour « sûr, volontaire et digne » des réfugiés et déplacés. Plus d’un million de Syriens vivent actuellement en Europe, dont près de la moitié en Allemagne.

Enjeux régionaux et énergétiques

Le document évoque également l’intégration potentielle de la Syrie dans des projets de connectivité régionale, notamment le corridor économique reliant l’Inde, le Moyen-Orient et l’Europe. Cette dynamique pourrait renforcer le rôle du pays comme hub de transport, d’énergie et de connectivité numérique.

Dans un contexte marqué par les perturbations énergétiques liées à la situation dans le détroit d’Ormuz, la Syrie gagne en importance comme voie de transit alternative. Le président syrien Ahmed al-Sharaa a d’ailleurs affirmé que son pays pouvait constituer un corridor sûr pour les approvisionnements énergétiques et les chaînes logistiques.

Parallèlement, la Turquie, la Syrie et la Jordanie ont convenu de moderniser leurs réseaux ferroviaires afin de créer un axe logistique reliant le sud de l’Europe aux pays du Golfe.

Coopération sécuritaire

Sur le plan sécuritaire, l’Union européenne envisage de soutenir des programmes de formation de la police syrienne et le renforcement des capacités institutionnelles du ministère de l’Intérieur. Une coopération est également envisagée dans les domaines de la lutte contre le terrorisme, le trafic de drogue et la criminalité organisée.

Le document souligne par ailleurs le soutien européen à un accord conclu en janvier entre Damas et les autorités kurdes du nord-est du pays, visant à intégrer les structures locales dans le cadre étatique et à renforcer les droits des Kurdes dans un processus de transition plus large.