Plan Mattei : l’Italie redéfinit sa stratégie de partenariat avec l’Afrique

25 avril 2026

Rédaction : Africa Eye

Lancée en 2024, la « Plan Mattei pour l’Afrique » constitue une initiative stratégique du gouvernement italien visant à redéfinir ses relations avec le continent africain sur la base de partenariats équilibrés et de bénéfices mutuels. Cette approche couvre plusieurs domaines prioritaires, notamment le développement, la gestion des flux migratoires et la sécurité énergétique.

Présentée officiellement lors du sommet Italie-Afrique organisé à Rome le 29 janvier 2024, la stratégie a réuni des représentants de 46 pays africains ainsi que des responsables européens et des institutions financières internationales. Elle ambitionne de rompre avec le modèle classique de coopération fondé sur la relation donateur-bénéficiaire, au profit d’un cadre reposant sur la co-construction des projets.

Inspirée par la figure d’Enrico Mattei, fondateur du groupe énergétique ENI, la démarche s’inscrit dans une vision historique de coopération plus équilibrée avec les pays producteurs de ressources, notamment dans le secteur énergétique.

Le plan s’articule autour de six axes majeurs : l’éducation, la santé, l’eau, l’agriculture, l’énergie et les infrastructures, qu’elles soient physiques ou numériques. Il prévoit également l’extension de la coopération vers des domaines innovants tels que l’intelligence artificielle, la culture, le sport et le secteur spatial.

Dans le domaine énergétique, pilier central de la stratégie italienne, le plan vise à positionner l’Italie comme un hub de transit du gaz naturel africain vers l’Europe, avec un rôle clé confié au groupe ENI. L’initiative inclut aussi des mesures en faveur de l’efficacité énergétique et du développement des énergies renouvelables.

Sur le plan financier, une enveloppe initiale d’environ 5,5 milliards d’euros a été mobilisée, combinant prêts, subventions et garanties. Le Fonds italien pour le climat joue un rôle déterminant, notamment en orientant 70 % de ses ressources vers des projets en Afrique liés à la transition écologique et à la gestion durable des ressources.

Par ailleurs, des mécanismes de financement complémentaires ont été activés, dont la « Facilité Mattei et processus de Rome », dotée d’un financement initial d’environ 137 millions d’euros, avec la participation de la Banque africaine de développement.

Plusieurs projets pilotes ont été annoncés, notamment la création d’un centre de formation aux énergies renouvelables au Maroc, la rénovation d’établissements scolaires en Algérie, l’amélioration des services de santé maternelle et infantile en Côte d’Ivoire, ainsi que des initiatives dans les secteurs agricole et hydraulique en Afrique centrale.

En avril 2026, l’Italie et le Kenya ont franchi une nouvelle étape en adoptant un plan d’action bilatéral pour la période 2026-2029, accompagné de la signature de huit accords couvrant l’enseignement technique, l’environnement, la défense et la recherche scientifique, dont un programme de modernisation de dizaines d’instituts de formation professionnelle.