Qatar : Le protocole d’accord a jeté les bases d’un accord final entre les États-Unis et l’Iran

Rédaction : Aminata Diallo
Le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, Mohammed ben Abdelrahmane Al Thani, a affirmé que le protocole d’accord conclu entre les États-Unis et l’Iran constitue un cadre institutionnel pour le processus de négociation et comprend des éléments à la fois techniques et politiques visant à mettre fin au conflit et à ouvrir la voie à un accord définitif entre les deux parties.
Dans des déclarations diffusées lundi par Al Jazeera, le chef de la diplomatie qatarienne a expliqué que ce document était le fruit de plusieurs semaines d’efforts intensifs menés avec les partenaires du Qatar au Pakistan, avec le soutien d’acteurs régionaux et internationaux, afin de créer un environnement favorable aux négociations. Il a souligné que ce cadre prévoit des réunions régulières entre les parties et des mécanismes destinés à résoudre les différends susceptibles d’entraver le dialogue.
Le responsable qatari a précisé que le protocole couvre le dossier nucléaire iranien ainsi que d’autres questions qui seront discutées entre l’Iran et les pays de la région dans le cadre d’un dispositif de sécurité régionale coordonné avec les États membres du Conseil de coopération du Golfe, notamment en ce qui concerne le détroit d’Ormuz, pour lequel une solution durable fondée sur une vision commune des pays du Golfe est recherchée.
Selon lui, la phase actuelle correspond à la construction de l’accord final entre Washington et Téhéran. Si le protocole a permis d’établir les fondations de ce processus, de nombreux points de divergence demeurent et pourraient émerger au cours des négociations.
Le Premier ministre qatari a également révélé que plusieurs difficultés étaient apparues depuis la signature du protocole, notamment en lien avec la situation au Liban et la question du détroit d’Ormuz. Il a toutefois assuré que des mécanismes avaient été mis en place afin d’éviter que ces dossiers ne compromettent les négociations, tout en appelant à la prudence en raison de l’influence de facteurs extérieurs sur le climat des discussions.
Le risque d’escalade régionale
Mohammed ben Abdelrahmane Al Thani a estimé que toute escalade dans la région, au Liban ou ailleurs, risquait d’avoir un impact négatif sur les négociations. Il a accusé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d’alimenter les tensions et a appelé à la fin de l’occupation des territoires libanais ainsi qu’au respect de la souveraineté du Liban.
Il a également jugé inacceptable la mort d’une centaine de Libanais en quelques jours malgré le cessez-le-feu en vigueur, tout en saluant le rôle joué par les États-Unis face aux actions israéliennes au Liban. Doha, a-t-il ajouté, poursuit ses efforts avec ses partenaires pour prévenir toute nouvelle escalade dans la région.
Concernant le détroit d’Ormuz, le responsable qatari a réaffirmé l’opposition de son pays à toute modification de son statut antérieur à la guerre. Il a indiqué que la vision du Qatar repose sur le maintien de la libre circulation maritime, tandis que l’Iran s’est engagé à garantir un passage sûr dans le détroit pendant une période de 60 jours. Les parties ont également convenu de mettre en place une ligne directe afin de régler rapidement tout différend éventuel.
Une vision régionale commune
Le chef de la diplomatie qatarienne a reconnu que certaines actions entreprises par l’Iran à l’égard du Qatar et des autres pays du Golfe pendant la guerre étaient inacceptables. Il a néanmoins souligné l’existence d’un consensus au sein des États du Golfe pour instaurer un dialogue constructif avec Téhéran et résoudre les différends régionaux dans un climat de confiance mutuelle.
Évoquant la question palestinienne, il a exprimé l’espoir que la dynamique diplomatique actuelle bénéficie également aux Palestiniens et contribue à la réalisation d’un État palestinien. Il a insisté sur le fait que tout accord entre l’Iran et les États-Unis aurait des répercussions sur l’ensemble de la région et qu’un cadre sécuritaire régional commun demeurait essentiel pour garantir la stabilité.
En conclusion, Mohammed ben Abdelrahmane Al Thani a réaffirmé que la priorité du Qatar restait l’apaisement des tensions régionales et la recherche d’une solution diplomatique susceptible d’empêcher une aggravation de la crise, tout en reconnaissant l’existence d’acteurs cherchant à faire échouer les négociations. Malgré ces obstacles, il a assuré que Washington et Téhéran continuaient d’afficher leur volonté de parvenir à un accord.



