Le Mozambique évalue à 469 millions d’euros le coût de reconstruction après les violences postélectorales

13 janvier 2026

Rédaction: Africa Eye

 

Le gouvernement mozambicain a annoncé que le pays aura besoin d’environ 35 milliards de meticais, soit 469,3 millions d’euros, pour reconstruire les infrastructures endommagées lors des violences qui ont suivi les élections générales, entre octobre 2024 et mars 2025.

S’exprimant devant la presse, le ministre de l’Administration publique et de la Fonction publique, Inocêncio Impissa, a indiqué que les destructions directes sont estimées à près de 27 milliards de meticais (environ 361,9 millions d’euros), précisant que la remise en état complète nécessitera des investissements supplémentaires. Selon lui, les troubles ont gravement affecté le fonctionnement de l’État et freiné durablement le développement du pays.

Le ministre a souligné qu’aucun pays ne peut progresser dans un contexte d’émeutes et de violences, affirmant que les événements récents ont fait reculer le Mozambique de plusieurs décennies. Il a ajouté que la priorité du gouvernement est désormais de mobiliser les ressources nécessaires pour réhabiliter les zones les plus touchées, dont certaines ne disposent plus des infrastructures minimales permettant le fonctionnement de l’administration publique.

Les violences ont éclaté à l’appel de Venâncio Mondlane, ancien candidat à l’élection présidentielle, qui a contesté les résultats du scrutin d’octobre 2024 ayant conduit à l’élection de Daniel Chapo comme cinquième président du Mozambique. La crise postélectorale a fait plus de 400 morts, principalement lors d’affrontements avec les forces de sécurité.

Le président Chapo a qualifié cette période de « pire crise électorale de l’histoire du pays », évoquant une « profonde douleur » pour des milliers de citoyens dont les biens ont été détruits. Il a également fait état de la fermeture temporaire ou définitive de nombreuses entreprises, entraînant la perte de plus de 50 000 emplois et une baisse significative des recettes publiques. Les autorités estiment par ailleurs qu’environ 7 200 personnes ont été arrêtées durant les manifestations.

Les violences ont pris fin après une première rencontre, en mars 2025, entre le président Chapo et Venâncio Mondlane. Cette rencontre a ouvert la voie à un processus de réconciliation nationale, incluant des engagements en faveur de réformes constitutionnelles et électorales. En avril, le chef de l’État a promulgué une loi sur « l’engagement politique pour un dialogue national inclusif », adoptée par le Parlement dans le cadre d’un accord avec les partis politiques afin de sortir durablement de la crise née des élections.