L’Égypte et la Turquie renforcent leur alliance face aux crises du Moyen-Orient

Rédaction : Laila Abou Rabie
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a rencontré mercredi au Caire son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi, marquant une nouvelle étape dans le rapprochement entre l’Égypte et la Turquie après près d’une décennie de relations tendues. Cette visite a été sanctionnée par la signature de 18 accords supplémentaires couvrant des secteurs clés tels que la défense, la santé, l’agriculture et le tourisme.
Lors d’une conférence de presse conjointe, les deux chefs d’État ont affirmé leur convergence de vues sur plusieurs dossiers régionaux majeurs. Concernant la guerre à Gaza, ils ont insisté sur la nécessité de mettre en œuvre toutes les phases de l’accord de trêve, d’accélérer l’acheminement de l’aide humanitaire et de maintenir l’objectif d’une solution à deux États avec la création d’un État palestinien.
Sur le Soudan, Le Caire et Ankara ont appelé à une trêve humanitaire devant conduire à un cessez-le-feu durable et à un processus politique inclusif. Les deux pays soutiennent par ailleurs l’armée soudanaise face aux forces paramilitaires, tout en plaidant pour une stabilisation rapide du pays.
Les discussions ont également porté sur les tensions régionales plus larges, notamment autour du dossier nucléaire iranien. Les deux dirigeants ont souligné l’importance d’éviter toute escalade militaire et de privilégier les solutions diplomatiques. Erdogan a mis en garde contre les risques d’ingérences étrangères, estimant que le dialogue demeure la voie la plus appropriée pour régler les différends avec l’Iran.
La rencontre a aussi mis en évidence une coordination sécuritaire accrue, notamment sur la Somalie, dont les deux pays soutiennent l’intégrité territoriale. Le Caire et Ankara ont condamné la reconnaissance par Israël de la région séparatiste du Somaliland, une position partagée avec d’autres acteurs régionaux, dont l’Arabie saoudite.
Sur le plan militaire, la Turquie a rappelé avoir fourni à l’Égypte des drones avancés en 2024, les deux pays envisageant désormais une production conjointe. Cette coopération illustre le réchauffement rapide des relations bilatérales depuis 2023, après des années de rupture consécutives à la destitution du président Mohamed Morsi en 2013.



