Diplomatie maghrébine : Alger multiplie les démarches envers Nouakchott

14 février 2026

Rédaction :Laila abou Rabie

L’Algérie a récemment intensifié ses initiatives diplomatiques en direction de la Mauritanie dans un contexte régional marqué par les évolutions du dossier du Sahara. Cette dynamique intervient alors que le processus politique mené sous l’égide des Nations unies se poursuit et que les équilibres géopolitiques au Maghreb connaissent de nouveaux ajustements.

Plusieurs rencontres bilatérales ont eu lieu ces dernières semaines, dont celle réunissant le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, et son homologue mauritanien, Mohamed Salem Ould Merzoug, en marge du Conseil exécutif de l’Union africaine. Officiellement, ces échanges portent sur le renforcement de la coopération bilatérale, la préparation de la commission mixte et le développement des partenariats économiques et sécuritaires.

Cependant, au-delà du cadre formel, ces discussions s’inscrivent dans un environnement politique plus large où la position mauritanienne sur le Sahara reste observée avec attention par les différents acteurs régionaux. Nouakchott maintient une ligne qualifiée de « neutralité positive », en soutenant les efforts des Nations unies et le rôle de l’envoyé personnel du secrétaire général, Staffan de Mistura, tout en évitant de s’aligner explicitement sur l’une ou l’autre des parties.

Les échanges interviennent également après des consultations internationales, notamment à Madrid, auxquelles ont participé plusieurs parties concernées par le dossier. Cette conjoncture souligne l’imbrication entre les relations bilatérales algéro-mauritaniennes et le cadre multilatéral du règlement du différend.

Du côté mauritanien, la priorité demeure la stabilité régionale et la préservation d’un équilibre diplomatique avec l’ensemble de ses partenaires, dans un contexte sécuritaire marqué par les défis au Sahel et les dynamiques économiques transfrontalières.

Dans l’ensemble, cette séquence diplomatique reflète la complexité des équilibres maghrébins et sahéliens, où coopération bilatérale, enjeux sécuritaires et calculs stratégiques s’entrecroisent. Les prochaines semaines permettront de mesurer si ces échanges débouchent sur un repositionnement concret ou s’inscrivent dans la continuité d’une diplomatie prudente et équilibrée.