Au moins 46 morts dans des attaques armées dans l’ouest du Nigeria

Rédaction: Africa Eye
Au moins 46 personnes ont été tuées samedi lors d’attaques menées par des hommes armés contre trois villages de l’État du Niger, dans l’ouest du Nigeria, selon une source issue d’une organisation humanitaire.
D’après cette source, 38 personnes ont été abattues ou égorgées dans le village de Kunkoso. Sept autres ont perdu la vie à Tungan Makiri et une personne a été tuée à Bissa. Les trois localités relèvent de la zone administrative de Borgu, à proximité de l’État voisin de Kwara.
La même source a indiqué qu’environ 80 % des habitations de Kunkoso ont été incendiées au cours de l’attaque, tandis que les équipes de secours poursuivent les recherches afin de retrouver d’éventuelles victimes sous les décombres.
La police de l’État du Niger a confirmé l’attaque contre Tungan Makiri. Un porte-parole a précisé que des hommes armés, soupçonnés d’appartenir à des groupes criminels communément appelés « bandits », ont fait irruption dans le village aux premières heures du matin, tuant six personnes, incendiant plusieurs maisons et enlevant un nombre indéterminé d’habitants.
Selon un rapport sécuritaire, les assaillants seraient arrivés à bord de dizaines de motos dans le cadre d’une attaque coordonnée visant les trois villages de la zone de Borgu, située à proximité de la forêt de Kainji, devenue ces dernières années un refuge pour des groupes armés et des bandes criminelles.
Ces violences surviennent quelques semaines après un massacre ayant fait plus de 160 morts dans le village de Woro, dans l’État voisin de Kwara. Cette attaque avait été attribuée à des groupes armés, tandis que le groupe « JNIM » (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), affilié à Al-Qaïda, avait revendiqué en octobre dernier sa première opération au Nigeria dans cette région.
Le Nigeria est confronté depuis plus de seize ans à une insurrection dans le nord-est du pays, ainsi qu’à des affrontements entre agriculteurs et éleveurs dans le centre-nord. À cela s’ajoutent des violences séparatistes dans le sud-est et l’expansion progressive de groupes criminels dans le nord-ouest, dont les activités s’étendent désormais vers des zones auparavant considérées comme plus stables.
Par ailleurs, les autorités font face à une recrudescence de l’insécurité liée à la déstabilisation des pays voisins tels que le Niger et le Burkina Faso.
En novembre dernier, plus de 250 élèves avaient été enlevés dans un internat catholique de la ville de Baberi, dans l’État du Niger, avant d’être libérés ultérieurement.
Sur le plan international, les États-Unis ont récemment critiqué ce qu’ils considèrent comme des insuffisances dans la gestion de la crise sécuritaire par Abuja. Le gouvernement nigérian a pour sa part rejeté les accusations du président américain Donald Trump évoquant une « persécution » voire un « génocide » des chrétiens, affirmant que les attaques touchent indistinctement musulmans et chrétiens.
Fin décembre, l’armée américaine avait annoncé avoir mené, en coordination avec le Nigeria, des frappes aériennes contre des éléments affiliés au groupe État islamique dans le nord du pays, illustrant le renforcement de la coopération militaire entre les deux États.



