De la Corne de l’Afrique au Yémen : une route migratoire de plus en plus meurtrière

30 avril 2026

Rédaction : Aminata Diallo

Dans les paysages arides de Djibouti, des migrants épuisés rebroussent chemin après avoir échoué à rejoindre le Yémen, empruntant l’une des routes migratoires les plus dangereuses au monde. Originaires majoritairement d’Éthiopie, ils fuient conflits, pauvreté et absence de perspectives, au prix d’un périple éprouvant à travers le désert et la mer.

Le voyage débute souvent par une longue marche pouvant atteindre plusieurs centaines de kilomètres, sous des températures accablantes et sans accès suffisant à l’eau ou à la nourriture. Les témoignages évoquent des conditions extrêmes, marquées par la fatigue, la faim et les violences infligées par les passeurs, certains migrants étant abandonnés en chemin lorsqu’ils ne peuvent plus avancer.

Arrivés à Djibouti, beaucoup tentent de traverser la mer vers le Yémen à bord d’embarcations surchargées et précaires. Ces traversées se soldent fréquemment par des drames, entre interceptions par les gardes-côtes, naufrages et disparitions en mer. Selon les données disponibles, plus de 900 migrants ont péri ou ont été portés disparus en 2025 sur cette route, confirmant son caractère particulièrement meurtrier.

Les traces de cette tragédie sont visibles le long des côtes : vêtements abandonnés, objets personnels dispersés et fosses communes où sont enterrés les corps des victimes. Dans certaines zones, des centaines de migrants ont été inhumés au fil des années, tandis que les autorités et les organisations humanitaires continuent de découvrir régulièrement de nouvelles dépouilles, notamment durant les périodes de forte chaleur.

Malgré ces dangers, le flux migratoire se poursuit. Pour beaucoup, le Yémen ne constitue qu’une étape vers les pays du Golfe, en particulier l’Arabie saoudite, où ils espèrent trouver des opportunités économiques. Entre désespoir et espoir d’un avenir meilleur, cette migration illustre la persistance de dynamiques profondes qui poussent des milliers de personnes à risquer leur vie. Comme le résume un jeune migrant : « C’est dangereux, mais je n’ai pas d’autre choix. »