Ebola : les soignants confrontés au virus et à la stigmatisation

19 juin 2026

Rédaction: Aya Selene

 

En première ligne de la lutte contre l’épidémie d’Ebola, les personnels de santé doivent non seulement faire face au risque de contamination dans les centres de traitement, mais également à la peur et au rejet au sein de leurs propres communautés.

Depuis l’apparition de l’épidémie dans sa région, la Dre Jemima Mugisa, 40 ans, travaille au centre de traitement Ebola géré conjointement par les autorités sanitaires et l’organisation humanitaire Alliance for International Medical Action (ALIMA).

Les premières semaines de la crise ont été particulièrement difficiles. À son retour de l’hôpital, ses propres enfants craignaient d’être contaminés.

« Lorsqu’ils ont entendu parler du nombre de personnes qui mouraient à cause de cette épidémie, ils ont eu peur de moi. De mon côté, j’avais également peur de retourner auprès de ma famille par crainte de les infecter. Aujourd’hui, heureusement, les choses se passent mieux », explique-t-elle.

Aucun bilan officiel ne précise le nombre exact de professionnels de santé contaminés ou décédés depuis le début de l’épidémie. Toutefois, plusieurs soignants ont contracté le virus au cours des premières semaines de la flambée épidémique. Quatre d’entre eux ont pu guérir, tandis qu’au moins un est décédé.

Selon les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), l’épidémie qui touche actuellement la République démocratique du Congo et l’Ouganda a déjà causé plus de 200 décès au cours de son premier mois. Elle est considérée comme la plus grave jamais observée à ce stade de propagation.

Les autorités sanitaires estiment par ailleurs à près de 35 000 le nombre de personnes ayant potentiellement été en contact avec des cas confirmés.

À ce jour, 894 infections ont été officiellement recensées. L’ampleur de cette flambée dépasse largement celle de l’épidémie survenue en Ouganda en 2000, qui avait enregistré 281 cas actifs.

Face à cette situation, les personnels médicaux continuent de jouer un rôle essentiel dans la prise en charge des malades et le contrôle de la propagation du virus, malgré les risques sanitaires et les difficultés sociales auxquels ils sont confrontés au quotidien.