Une étude révèle que 55 vagues de chaleur auraient été impossibles sans l’activité humaine

11 septembre 2025

Rédaction : Tendai Zola

Une étude scientifique publiée hier mercredi dans la revue Nature affirme que 55 vagues de chaleur survenues entre 2000 et 2023 n’auraient pas eu lieu sans le réchauffement climatique d’origine humaine.

L’analyse s’appuie sur 213 épisodes de chaleur extrême recensés au cours du dernier quart de siècle. Les chercheurs concluent que l’action des grands producteurs de combustibles fossiles et de ciment a joué un rôle déterminant dans chacun de ces événements. Collectivement, ces acteurs sont responsables de 57 % des émissions mondiales de CO₂ depuis 1850, selon l’étude.

« Il n’y a finalement pas tant d’acteurs que cela qui portent une responsabilité majeure », explique Sonia Seneviratne, climatologue à l’ETH Zurich et co-autrice de l’étude. Elle cite notamment la vague de chaleur de 2022 en Europe, qui a entraîné des dizaines de milliers de décès, comme l’un des épisodes les plus marquants.

Les données utilisées proviennent de la base internationale sur les catastrophes EM-DAT. Les chercheurs estiment que pour 55 des vagues étudiées, la probabilité de survenue était 10 000 fois plus élevée du fait de l’industrialisation, les rendant « virtuellement impossibles » sans le changement climatique causé par l’homme.

Au-delà de l’aspect scientifique, l’étude pourrait avoir un impact juridique. Plusieurs États et ONG intentent déjà des actions en justice contre les grandes entreprises fossiles. Aux États-Unis, le Vermont et New York ont adopté des lois pour tenir ces sociétés responsables des dommages liés au climat.

« Pendant longtemps, on a pensé que la contribution individuelle des acteurs au changement climatique était trop diffuse pour être reliée à un impact précis », rappelle Chris Callahan, climatologue à l’université de l’Indiana. « Mais ces nouvelles recherches prouvent le contraire. »