Côte d’Ivoire : la réconciliation nationale reste inachevée, les victimes attendent vérité et justice

Rédaction : Widad WAHBI
En Côte d’Ivoire, quinze ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui a fait près de 3 000 morts et déplacé plus d’un million de personnes, la réconciliation nationale demeure fragile. Dans les quartiers populaires d’Abidjan, comme Yopougon, des familles continuent de porter les stigmates des violences : Aminata Timbilé vit paralysée depuis qu’une balle l’a touchée en 2011, tandis que la famille Traoré reste dans l’attente du retour ou des nouvelles de plusieurs proches disparus.
Malgré les amnisties, le retour d’exilés et la mise en place de dialogues politiques, de nombreuses victimes estiment que les réparations sont incomplètes et que la justice n’a pas répondu à leurs attentes. Les ONG dénoncent une réconciliation davantage politique que sociale, laissant des plaies béantes au sein des communautés.
Dans ce contexte, des initiatives locales comme la Covici organisent des thérapies communautaires pour permettre aux victimes de parler, d’évacuer leurs traumatismes et de recréer du lien. Mais à l’approche de la présidentielle de 2025, le climat reste tendu, alimenté par l’exclusion de certaines figures de l’opposition et par la crainte d’un retour des violences.



