Haïti : une force multinationale élargie se prépare pour lutter contre les gangs

14 décembre 2025

Rédaction: Aminata Diallo

Face à la montée en puissance des gangs armés en Haïti, une nouvelle coalition internationale est en cours de constitution pour renforcer la sécurité du pays. Au moins 18 États se sont déclarés prêts à participer à une force multinationale de répression anti-gangs, appelée à remplacer la mission actuelle soutenue par les Nations unies, a annoncé vendredi l’Organisation des États américains (OEA).

Selon le secrétaire général de l’OEA, Albert Ramdin, cette future force devra fonctionner selon des règles communes afin d’assurer une coordination efficace entre les pays contributeurs. Il a souligné que cette exigence explique la lenteur du processus de mise en place. Les premiers déploiements sont attendus dès le début de l’année 2026.

La force devrait compter environ 5 500 soldats, conformément à une feuille de route élaborée sous l’impulsion des États-Unis. Près d’un millier d’agents pourraient être déployés dès janvier 2026, si les conditions logistiques sont réunies, tandis que la moitié des effectifs serait opérationnelle avant le 1er avril 2026. À cette date, un nouveau bureau des Nations unies devrait voir le jour afin d’assurer le soutien logistique de la mission, notamment en matière de vivres, de carburant, d’infrastructures et de moyens aériens et maritimes.

Le Kenya, déjà engagé sur le terrain, a renforcé début décembre son contingent avec l’envoi d’une centaine de policiers supplémentaires. D’autres pays africains ont manifesté leur intention de participer, aux côtés du Bangladesh, du Sri Lanka et de plusieurs États d’Amérique latine.

Contrairement à la mission précédente menée sous mandat kényan, dont le mandat officiel a expiré il y a deux mois, cette nouvelle force ne se limitera pas à un rôle d’appui aux forces haïtiennes. Elle sera également autorisée à conduire ses propres opérations, avec pour objectif de lutter plus directement et plus efficacement contre les gangs.

Haïti traverse depuis plusieurs années une crise profonde marquée par une violence endémique, des enlèvements, des pillages et des violences sexuelles, dans un contexte d’instabilité politique persistante. Le pays n’a pas organisé d’élections depuis près de neuf ans et est actuellement dirigé par des autorités de transition, qui prévoient des élections législatives et présidentielle à l’été 2026.

Albert Ramdin a affirmé que, malgré les difficultés sécuritaires, les institutions de transition restent opérationnelles, estimant que sa récente visite à Port-au-Prince témoigne du maintien d’un minimum de contrôle étatique dans la capitale.