Tunisie : des opposants entament une grève de la faim dans les prisons

Rédaction : Africa Eye
Des opposants politiques détenus en Tunisie ont entamé, à partir de ce lundi, une grève collective de la faim de trois jours pour protester contre leurs arrestations, les conditions de leur procès et le fonctionnement de l’appareil judiciaire.
Cette action fait suite à un appel lancé par l’avocat incarcéré Ayachi Hammami, figure de l’opposition au pouvoir du président Kaïs Saïed, invitant les détenus politiques à se mobiliser.
Des dizaines d’opposants, d’hommes d’affaires et d’activistes, dont la majorité est incarcérée depuis février 2023, ont été condamnés à de lourdes peines pouvant aller jusqu’à 45 ans de prison. Ces sentences ont été prononcées par la cour d’appel dans le cadre de l’affaire dite de complot contre la sûreté de l’État.
D’autres personnes font également l’objet de poursuites pour des accusations liées à la corruption ou au terrorisme. L’opposition affirme que ces charges sont politiquement motivées et accuse les autorités d’exercer des pressions sur le pouvoir judiciaire.
Le président Kaïs Saïed, qui gouverne avec des pouvoirs étendus depuis l’instauration de mesures exceptionnelles en 2021 et la mise en place d’un nouveau système politique, rejette ces accusations. Il affirme que l’État fait face à des tentatives de déstabilisation interne et soutient que la justice agit de manière indépendante.
Parmi les participants à la grève figurent Rached Ghannouchi, président du mouvement islamiste Ennahda, âgé de 84 ans, ainsi que Ahmed Nejib Chebbi, chef de la Front du salut national, âgé de 82 ans, aux côtés d’autres figures de premier plan.
Dans un communiqué, le Front du salut national a indiqué que cette grève de la faim constitue une protestation contre la criminalisation de l’action politique, civile et de la liberté d’expression.



