Comment l’Europe, la Chine et la Russie ont réagi à l’arrestation du président vénézuélien par Washington ?

4 janvier 2026

Rédaction : Adjoa Nanyé

L’arrestation annoncée du président vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis a provoqué de vives réactions sur la scène internationale, révélant de profondes lignes de fracture entre les grandes puissances mondiales.

La Russie et la Chine ont rapidement affiché un front commun pour condamner l’opération américaine, la qualifiant de violation flagrante de la souveraineté vénézuélienne et du droit international. Pékin a exprimé sa « profonde indignation », dénonçant des actes d’« hégémonie » susceptibles de menacer la stabilité de l’Amérique latine. De son côté, Moscou a évoqué un grave précédent, appelant à une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, et estimant que cette action s’inscrivait dans une logique américaine de domination unilatérale.

En Europe, les positions apparaissent plus nuancées. La France s’est distinguée par une mise en garde explicite contre le recours à la force, soulignant que l’opération contrevient aux principes fondamentaux de la Charte des Nations unies, notamment celui de la non-ingérence et du respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
À l’inverse, l’Union européenne a adopté une approche plus prudente, évitant de commenter directement les modalités de l’opération. Bruxelles a surtout insisté sur la contestation de la légitimité politique de Nicolás Maduro, tout en confirmant une coordination diplomatique avec Washington.

Trois États membres — l’Espagne, l’Italie et le Portugal — ont pour leur part appelé au calme et à la retenue, mettant en avant la sécurité de leurs ressortissants présents au Venezuela.

Ces réactions contrastées s’inscrivent dans un contexte de tensions géopolitiques accrues, alors que Moscou et Pékin considèrent Caracas comme un partenaire stratégique, notamment dans le secteur énergétique, tandis que les États-Unis et plusieurs pays européens maintiennent des sanctions de longue date contre le pouvoir vénézuélien.