Albanie : les manifestations contre un projet touristique lié à la famille Trump entrent dans leur vingtième jour

Rédaction : Laila Abou Rabie
Pour le vingtième jour consécutif, des milliers d’Albanais continuent de manifester contre un projet de complexe touristique de luxe présenté par ses opposants comme étant lié à la famille du président américain Donald Trump.
Vendredi soir, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées sur la place Skanderbeg, au cœur de Tirana, lors d’une manifestation organisée sous le slogan « L’Albanie n’est pas à vendre ». Les protestataires dénoncent la cession présumée d’une partie du littoral de Zvërnec dans le cadre d’un vaste projet touristique qui serait associé à Ivanka Trump et à son époux Jared Kushner.
Les manifestants ont également réclamé la démission du Premier ministre albanais Edi Rama. Parmi les slogans scandés figuraient notamment : « Stop au projet », « Rama, démission », « Rama n’est pas le bienvenu » et « L’Albanie n’est pas à vendre ».
Les opposants revendiquent une première victoire
Selon l’activiste environnementale Deniza Kasa, la mobilisation a déjà permis d’obtenir certains résultats, notamment la suspension des travaux réclamée par le Parlement européen.
« Cette suspension signifie l’arrêt de tous les nouveaux travaux de construction dans les zones protégées et l’absence de nouvelles autorisations de développement durant cette période », a-t-elle déclaré à l’Agence France-Presse.
Par ailleurs, plusieurs médias albanais ont récemment rapporté que le parquet spécial avait ouvert une enquête concernant ce projet controversé.
Des poursuites contre des manifestants
À la veille du rassemblement de vendredi, la police a annoncé avoir engagé des poursuites contre 27 personnes accusées d’avoir perturbé l’ordre public et la sécurité lors d’une précédente manifestation nocturne.
Les autorités reprochent notamment aux participants d’avoir emprunté des itinéraires différents de ceux autorisés.
Plus tôt dans la semaine, 35 autres personnes avaient déjà été mises en cause après le blocage d’une autoroute dans le cadre du mouvement de protestation.
Un projet au cœur de la contestation
Depuis la fin du mois de mai, des manifestations sont organisées chaque soir contre ce projet de complexe touristique comprenant notamment un hôtel de luxe prévu dans une zone naturelle protégée.
Le Premier ministre Edi Rama a toutefois rejeté les accusations selon lesquelles le projet de Zvërnec, dont le coût est estimé à près de 4 milliards de dollars, appartiendrait à la famille Trump. Dans des déclarations accordées à CNN, il a contesté tout lien direct entre le projet et les proches du président américain.
Les premières manifestations ont éclaté le 30 mai dernier après l’installation d’une clôture de barbelés autour d’une plage paisible située dans la région côtière de Zvërnec, à environ 100 kilomètres au sud-ouest de Tirana.
Au début du mouvement, la police avait utilisé des canons à eau pour disperser les manifestants, mais la mobilisation se poursuit depuis, rassemblant chaque soir plusieurs milliers de personnes opposées au projet.


