Tchad : des ministres envoyés à Am-Djarass après des heurts entre étudiants

Rédaction : Laila Abou Rabie
Le gouvernement tchadien a annoncé l’envoi, cette semaine, d’une délégation ministérielle à la ville d’Am-Djarass, dans le nord-est du pays, à la suite d’affrontements survenus entre des étudiants d’une antenne de l’École nationale des sciences et technologies de l’information et de la communication. Les heurts seraient liés à des différends à caractère religieux et ont suscité de vives réactions au niveau local et sur les réseaux sociaux.
L’incident trouve son origine dans un sermon prononcé durant la période des fêtes de fin d’année par le cheikh Yahya ben Ibrahim Khalil, dirigeant du mouvement Ansar al-Sunna al-Muhammadiyya. Dans son intervention, il avait critiqué la participation de musulmans à des célébrations non musulmanes et appelé à s’abstenir d’échanger des vœux. Bien que ces propos aient été officiellement désavoués par les autorités et par le Conseil supérieur des affaires islamiques, leur diffusion sur des applications de messagerie a contribué à leur propagation jusqu’au campus universitaire d’Am-Djarass.
Selon des témoignages concordants, des étudiants chrétiens avaient, le 30 décembre, invité leurs camarades musulmans à un repas de Noël, une pratique habituelle les années précédentes. Cette initiative a toutefois été rejetée, donnant lieu à des échanges verbaux qui ont dégénéré en violences physiques. Les affrontements, survenus le 2 janvier, ont fait six blessés et causé des dégâts matériels dans les logements étudiants.
En réaction, les autorités ont dépêché sur place le ministre de la Santé et le ministre des Communications afin d’apaiser les tensions. Les deux responsables ont annoncé une série de mesures visant à améliorer les conditions de vie sur le campus, notamment une meilleure répartition des chambres, la fourniture d’équipements techniques, la construction de nouveaux logements et le forage d’un puits d’eau potable. Ils ont assuré que le calme était revenu et que les cours reprendraient normalement.
Toutefois, certains étudiants blessés ont indiqué que le climat restait tendu et ont exprimé des craintes quant à un retour immédiat au campus. Des observateurs estiment que ces événements illustrent des tensions sociales persistantes au Tchad, en particulier dans la région d’Am-Djarass, et soulignent l’impact de discours à connotation communautaire sur la cohésion sociale.



