Belgique : un enfant de 12 ans impliqué dans un dossier lié à l’idéologie jihadiste, selon la Sûreté de l’État

Rédaction: Africa Eye
Un nombre croissant de mineurs apparaît dans les dossiers de radicalisation jihadiste en Belgique, une tendance qui s’est accentuée en 2025, selon le dernier rapport annuel de la Sûreté de l’État rendu public jeudi. Les services de renseignement civils y mentionnent notamment l’implication d’un enfant âgé de 12 ans dans un dossier considéré comme présentant un risque terroriste.
Cette publication intervient alors que la Belgique s’apprête à commémorer le dixième anniversaire des attentats jihadistes de mars 2016 à Bruxelles, qui avaient fait 32 morts et avaient été perpétrés par la même cellule que celle responsable des attaques de Paris en novembre 2015. Selon le rapport, l’idéologie salafiste-jihadiste demeure active dans le pays et continue d’inspirer des projets d’attentat, bien que ceux-ci apparaissent aujourd’hui moins structurés et moins sophistiqués qu’auparavant.
La Sûreté de l’État indique que la menace terroriste d’inspiration salafiste-jihadiste constitue toujours la principale source de risque en matière de terrorisme en Belgique, représentant environ 80 % des dossiers enregistrés dans le cadre du système national de partage d’informations sur l’extrémisme et le terrorisme.
En 2025, les personnes identifiées comme consommatrices de propagande jihadiste — notamment celle diffusée par des organisations comme le groupe État islamique ou Al-Qaïda — étaient « souvent jeunes, voire très jeunes », avec un âge moyen de 22 ans. Le rapport précise que le cas le plus précoce concerne un enfant de 12 ans, sans fournir de détails sur les suites judiciaires données à ce dossier.
Interrogée sur ce point, la cheffe de la Sûreté de l’État, Francisca Bostyn, a déclaré à la radio publique belge francophone RTBF que les autorités font preuve d’une vigilance particulière lorsque des mineurs sont concernés. Elle a indiqué que, dans de tels cas, les services compétents sont saisis, notamment le parquet de la jeunesse.
Le rapport souligne par ailleurs que les projets de passage à l’acte violent recensés en 2025 ont concerné un nombre croissant de mineurs, représentant environ un tiers des suspects identifiés. Toutefois, la majorité de ces projets étaient jugés « peu avancés, peu sophistiqués ou difficilement réalisables ».
Selon Mme Bostyn, les autorités ne s’attendent plus à des attaques complexes comparables à celles de 2016, mais redoutent davantage des actions individuelles isolées ou des initiatives menées par de petits groupes, souvent constitués à partir d’interactions en ligne.



