France : un député d’extrême droite provoque un tollé après une comparaison avec le génocide rwandais

17 janvier 2026

Rédaction: Africa Eye

Un député français du parti d’extrême droite Rassemblement national a suscité une vive polémique après avoir comparé un dispositif fiscal aux massacres du génocide rwandais de 1994, déclenchant une vague de condamnations politiques.

Selon le magazine Jeune Afrique, le député Frédéric-Pierre Vos a tenu ces propos mardi à l’Assemblée nationale lors d’un débat portant sur un abattement fiscal de 75 % appliqué à la transmission des entreprises familiales. Il a notamment déclaré qu’il ne fallait pas « transformer les Tutsis en bourreaux des Hutus », une formulation jugée historiquement fausse et moralement choquante.

Cette déclaration a immédiatement provoqué l’indignation, plusieurs élus soulignant qu’elle inversait la réalité historique : lors du génocide de 1994 au Rwanda, plus de 800 000 personnes, majoritairement issues de la minorité tutsie, ont été massacrées par des milices et des forces extrémistes hutu, selon les Nations unies.

Face à la controverse, le président du groupe parlementaire du Rassemblement national, Jean-Philippe Tanguy, a présenté des excuses au nom de son groupe, tout en reconnaissant le caractère inapproprié des propos tenus.

Les réactions critiques se sont multipliées dans l’hémicycle. La présidente du groupe écologiste, Cyrielle Chatelain, a qualifié les propos de « profondément indignes », estimant qu’ils relevaient d’une banalisation dangereuse d’un crime contre l’humanité. De son côté, le député de la majorité présidentielle Hervé Berville, né au Rwanda et orphelin du génocide, a dénoncé une déclaration « insoutenable » qui transforme les victimes en bourreaux.

Plusieurs parlementaires ont demandé que le Bureau de l’Assemblée nationale, compétent pour sanctionner les députés, se saisisse de cette affaire. Le chef du groupe socialiste, Boris Vallaud, a appelé à l’ouverture d’une procédure disciplinaire, évoquant la gravité exceptionnelle de tels propos.

Cette controverse intervient dans un contexte où la mémoire du génocide rwandais reste particulièrement sensible en France. En 2021, un rapport officiel commandé par le président Emmanuel Macron avait conclu à une « responsabilité lourde et accablante » de la France dans les événements ayant conduit au génocide, en raison de son soutien prolongé au régime hutu de l’époque, tout en écartant l’existence d’une complicité directe.

Par ailleurs, en décembre dernier, plusieurs organisations et militants ont déposé une plainte à Paris contre la Banque de France, l’accusant de complicité présumée dans des crimes contre l’humanité liés au génocide, relançant le débat sur le rôle des institutions françaises durant cette période.