États-Unis : l’expulsion vers l’Algérie de l’activiste Mahmoud Khalil au cœur d’un bras de fer juridique

23 janvier 2026

Rédaction : Africa Eye

La situation de l’activiste palestinien Mahmoud Khalil est de nouveau au centre de l’attention, alors que les autorités américaines ont évoqué la possibilité de son expulsion vers l’Algérie. Connu pour son rôle dans la mobilisation étudiante pro-palestinienne aux États-Unis, Khalil conteste toute base légale à une telle mesure.

Dans une vidéo publiée sur Instagram, l’intéressé a affirmé qu’il ne pouvait pas être légalement expulsé tant que les procédures judiciaires en cours n’étaient pas achevées. Il a précisé que les décisions de justice suspendant son placement en rétention ou son expulsion restaient valables durant la phase d’appel. « Aucune preuve n’a été présentée démontrant que j’ai commis un crime ou un acte illégal », a-t-il déclaré.

Ces propos faisaient suite à une déclaration du Department of Homeland Security, dont une porte-parole a indiqué que Mahmoud Khalil « pourrait être envoyé en Algérie » en cas d’expulsion. L’activiste affirme pour sa part que la seule raison invoquée à son encontre tient à ses prises de position politiques, liées à la dénonciation de la guerre à Gaza, et assure qu’il poursuivra son engagement « où qu’il se trouve ».

Mahmoud Khalil avait été arrêté le 8 mars 2025 pour son implication dans des manifestations organisées à Université Columbia, à New York, dans le cadre d’un mouvement de solidarité avec Gaza. Il avait ensuite été libéré sous caution en juin 2025, un juge estimant que son expulsion pour des motifs liés à ses opinions politiques pourrait soulever des questions de constitutionnalité.

À partir de mars 2025, l’administration américaine a annulé ou suspendu les visas et statuts légaux de plus d’un millier d’étudiants, dans un contexte de contestation généralisée sur les campus universitaires. Plusieurs recours judiciaires ont été engagés contre ces décisions, certaines ayant donné lieu à des mesures provisoires rétablissant temporairement le statut de quelques étudiants concernés.

Les manifestations pro-palestiniennes ont émergé aux États-Unis en 2024, d’abord à l’Université Columbia avant de s’étendre à plus de 50 universités à travers le pays. Les autorités ont procédé à plus de 3 100 interpellations, touchant principalement des étudiants et des membres du corps enseignant.

Né en Syrie dans une famille palestinienne déplacée lors de la Nakba de 1948, Mahmoud Khalil est titulaire d’une licence en informatique obtenue en 2018 à l’Université libanaise américaine. Il s’est installé aux États-Unis en 2022 pour poursuivre ses études et a obtenu un master en décembre 2024 au sein d’une école de relations internationales.