RDC : un an après sa chute, Goma reste sous le contrôle du M23

23 janvier 2026

Rédaction: Africa Eye

Un an après sa chute, la ville de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, demeure sous le contrôle du mouvement armé M23, dans un contexte sécuritaire et humanitaire toujours extrêmement dégradé.

Le 27 janvier 2025, Goma tombait aux mains du M23 à l’issue de combats meurtriers qui auraient fait près de 3 000 morts, selon des sources locales et humanitaires. Cette prise de contrôle a marqué le début d’une occupation dénoncée par les autorités congolaises comme brutale, avec le soutien présumé de milliers de soldats rwandais, une accusation régulièrement rejetée par Kigali.

Depuis, la coalition AFC/M23 impose son autorité par des arrestations arbitraires, des ratissages et une justice parallèle. Des tribunaux mis en place par le mouvement ont remplacé un appareil judiciaire déjà fragilisé, alimentant les inquiétudes des organisations de défense des droits humains. Plusieurs ONG évoquent l’existence de centres de détention clandestins, où des cas de torture et d’exécutions sommaires auraient été signalés. À la nuit tombée, la ville se vide, marquée par un climat de peur généralisée.

Le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, décrit une situation d’« oppression permanente », dénonçant ce qu’il qualifie de « gouvernance par le crime ». Il accuse le Rwanda de soutenir le M23 et de chercher à imposer un modèle autoritaire dans l’est congolais, des accusations démenties par les autorités rwandaises.

Malgré des initiatives diplomatiques menées notamment sous l’égide des États-Unis et du Qatar, les combats se poursuivent par intermittence. En décembre 2025, le M23 a lancé une offensive sur Uvira, dans le Sud-Kivu, avant de se retirer sous la pression internationale.

De son côté, Corneille Nangaa, coordonnateur du M23, justifie la lutte armée comme un projet de « libération » nationale, affirmant que le mouvement combat ce qu’il décrit comme des décennies d’échec de gouvernance en RDC.

Une population livrée à elle-même

À Goma, les conséquences économiques et sociales de l’occupation sont lourdes. Les banques restent fermées, les salaires ne sont plus versés, et le franc rwandais circule largement sur les marchés à la place du franc congolais. L’aéroport est hors service et les échanges commerciaux avec le reste du pays sont fortement limités.

Les fonctionnaires, privés de revenus, survivent difficilement. Certains affirment être contraints de suivre des sessions de formation idéologique imposées par l’AFC/M23. Les ménages dépendent désormais d’économies presque épuisées ou de la solidarité familiale.

Un an après la prise de Goma, l’impasse politique demeure. Les négociations n’aboutissent pas et la population, prise entre les groupes armés et l’absence d’autorité étatique, tente de survivre dans une ville où les libertés fondamentales restent suspendues.