Iran : le Corps des gardiens accuse les services de renseignement de dix pays et annonce des centaines d’arrestations

25 janvier 2026

Rédaction: Africa Eye

 

Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a accusé, vendredi, les services de renseignement de dix pays étrangers d’être à l’origine des manifestations qui secouent l’Iran depuis la fin décembre, affirmant qu’il s’agirait d’une « opération organisée » visant à déstabiliser le pays.

Dans son troisième communiqué depuis le début du mouvement, le CGRI évoque une gestion « ferme et ciblée » de la situation par les forces de sécurité et de renseignement, accusant des réseaux liés à des puissances étrangères d’avoir mené des actions violentes, des sabotages et des campagnes de désinformation coordonnées.

Selon ce communiqué, 735 personnes auraient été arrêtées ou convoquées pour leur implication présumée dans des réseaux jugés hostiles à la sécurité nationale. Les autorités indiquent également avoir convoqué et « encadré » près de 11 000 autres personnes, présentées comme vulnérables à l’influence extérieure, dans le cadre d’une stratégie visant à prévenir toute escalade des troubles.

Le CGRI affirme par ailleurs avoir saisi 743 armes, militaires ou de chasse, non autorisées, estimant que ces éléments démontrent le caractère armé de certaines actions menées lors des manifestations. Le communiqué fait aussi état de l’identification de 46 personnes soupçonnées de collaboration avec des services de renseignement étrangers, sans préciser les pays concernés ni la nature exacte des accusations.

Ces annonces interviennent alors que les restrictions sur l’accès à Internet se poursuivent. L’organisation NetBlocks, spécialisée dans la surveillance des réseaux, indique que l’Iran entame sa troisième semaine de coupure quasi totale de l’Internet international, évoquant des tentatives de simulation de trafic laissant croire à un rétablissement partiel de la connexion, sans accès réel et généralisé au réseau mondial.

Les chiffres relatifs aux victimes restent très contrastés. L’Agence des militants des droits humains en Iran (HRANA), basée aux États-Unis, affirme que le nombre de morts a atteint 5 002 personnes, dont 201 membres des forces de sécurité, et fait état de 26 752 arrestations à l’échelle nationale.

À l’inverse, les autorités iraniennes avancent un bilan officiel de 3 117 morts, selon des données attribuées à l’Institut médico-légal. D’après cette version, 2 427 victimes seraient des membres des forces de sécurité et des civils tués lors d’attaques attribuées à des groupes armés qualifiés de terroristes, tandis que d’autres manifestants auraient péri lors d’actes violents survenus pendant les rassemblements.

Sur le plan politique et sécuritaire, le commandant en chef du CGRI, le général Mohammad Pakpour, a averti que l’Iran « garde le doigt sur la détente », en réaction aux déclarations de Washington. Le président américain Donald Trump a, de son côté, affirmé qu’un important dispositif naval américain se dirigeait vers la région, tout en évoquant la possibilité d’une voie diplomatique.

Parallèlement, le Conseil des droits de l’homme des Nations unies tient une session extraordinaire consacrée à la situation en Iran, afin d’examiner les violences signalées lors de la répression des manifestations. Des discussions sont en cours pour élargir le mandat d’un mécanisme d’enquête existant depuis 2022, une initiative que Téhéran rejette, dénonçant une politisation du dossier des droits humains.