Algérie–Niger : Tebboune et Tiani relancent la coopération politique et énergétique

Rédaction : Aminata Diallo
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune et le chef de l’État nigérien, le général Abdourahamane Tiani, ont annoncé une série de mesures visant à renforcer la coopération bilatérale à l’issue de leurs entretiens tenus il y a deux jours à Alger.
Parmi les principales décisions figure le lancement, après le mois de Ramadan, des travaux de la section nigérienne du gazoduc transsaharien. Ce projet énergétique d’envergure doit relier le Nigeria à l’Algérie en passant par le Niger et est considéré comme l’un des plus stratégiques de la région.
Les discussions ont également porté sur des projets dans les domaines de l’énergie et des infrastructures, notamment le renforcement de la liaison ferroviaire entre les deux pays. Des initiatives à dimension sociale et éducative ont aussi été annoncées, telles que l’extension du lycée de l’amitié algéro-nigérienne à Zinder, ainsi que la création de centres de santé et de formation dans plusieurs localités.
Coordination sécuritaire et relance diplomatique
Les deux dirigeants ont abordé la situation régionale au Sahel, soulignant l’importance du dialogue et de la coordination face aux défis sécuritaires. Ils ont réaffirmé leur attachement au respect de la souveraineté des États et leur opposition aux interventions militaires comme solution aux crises, dans un contexte marqué par les évolutions politiques récentes au Niger.
La visite officielle de deux jours du président nigérien à Alger s’inscrit également dans un processus de normalisation des relations bilatérales, après une période de tensions diplomatiques. La semaine dernière, les deux pays ont procédé simultanément au retour de leurs ambassadeurs, mettant fin à une phase de réduction mutuelle de la représentation diplomatique entamée en avril 2025.
Ces tensions étaient survenues après que le Niger, le Burkina Faso et le Mali, membres de l’Alliance des États du Sahel, ont rappelé leurs ambassadeurs à Alger pour consultations, à la suite d’accusations portées par Bamako concernant un incident impliquant un drone. L’Algérie avait réagi de manière réciproque.
Des enjeux régionaux stratégiques
Au-delà des relations bilatérales, cette rencontre reflète la volonté des deux pays de renforcer la coopération africaine en matière d’énergie, de sécurité et de développement. Le gazoduc transsaharien, tout comme la route transsaharienne reliant l’Algérie, la Tunisie, le Niger, le Tchad, le Mali et le Nigeria, est perçu comme un levier d’intégration économique régionale.
L’Algérie et le Niger partagent près de 950 kilomètres de frontière terrestre et entretiennent plusieurs projets structurants, appelés à consolider la stabilité et la connectivité dans la région sahélienne.



