Entre inquiétude et condamnation : l’Afrique face à l’escalade dans le Golfe

Rédaction : Africa Eye
Alors que les tensions s’intensifient dans le Golfe après les frappes américano-israéliennes contre l’Iran et les ripostes iraniennes par missiles et drones visant plusieurs pays arabes, les réactions africaines se multiplient. Elles traduisent un mélange d’inquiétude, de condamnation et d’appels à la désescalade, révélant l’importance croissante des enjeux moyen-orientaux pour le continent.
Deux communiqués successifs de l’Union africaine
L’Union africaine a publié deux déclarations successives. Dans la première, elle a exprimé sa « profonde préoccupation » face aux frappes militaires contre l’Iran, appelant à la retenue et à l’ouverture d’un dialogue durable.
Dans un second communiqué, l’organisation continentale a fermement condamné les attaques iraniennes visant des États arabes, les qualifiant de « violation claire de la souveraineté et de l’intégrité territoriale », tout en mettant en garde contre leurs conséquences pour la stabilité régionale.
La crainte d’un choc économique
La dimension économique occupe une place centrale dans les réactions africaines. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) a exprimé sa « vive inquiétude » face à l’escalade, soulignant les risques pour les marchés de l’énergie, le commerce et la sécurité alimentaire.
Plusieurs pays ouest-africains dépendent fortement des importations de pétrole et de gaz en provenance du Golfe, et redoutent toute perturbation des approvisionnements ou flambée des prix.
Des positions nationales nuancées
Au Sénégal, le gouvernement a condamné « l’usage de la force sous quelque prétexte que ce soit » et appelé à un cessez-le-feu immédiat, privilégiant la voie diplomatique comme « unique solution pour une paix durable ».
Au Nigeria, les autorités ont plaidé pour la désescalade tout en renforçant la vigilance autour de leurs représentations diplomatiques dans les pays concernés, traduisant une préoccupation directe pour la sécurité de leurs ressortissants.
Au Tchad, le président Mahamat Idriss Deby a dénoncé à la fois les frappes contre l’Iran et les attaques iraniennes contre des États du Golfe, estimant que la situation marque « un tournant dangereux ».
En Afrique australe, le président Cyril Ramaphosa a averti que l’escalade constitue « une menace grave pour la paix et la sécurité régionales et internationales », évoquant ses implications humanitaires et économiques.
À l’est du continent, le président William Ruto a condamné les frappes visant les pays du Golfe et réaffirmé l’opposition du Kenya à toute extension du conflit au Moyen-Orient.
Un continent de plus en plus concerné
Au-delà des déclarations, ces prises de position illustrent la place stratégique du Golfe pour l’Afrique, qu’il s’agisse d’approvisionnements énergétiques, d’investissements ou de sécurité maritime.
Entre inquiétude et condamnation, l’Afrique cherche à préserver ses intérêts tout en affirmant sa voix sur la scène internationale. L’évolution de la crise pourrait renforcer encore son implication diplomatique dans les grands dossiers géopolitiques mondiaux.



